Parmi les cinq archipels du territoire, Tuamotu est celui qui compte le plus d’îles-atolls. Et parmi elles, Rangiroa est la seconde plus grande au monde. Une raison imparable de s’y rendre, à la rencontre du lagon et des motu, des coraux et des poissons arc-en-ciel, des fermes perlières et d’une vie villageoise immuable. Une façon aussi de ressentir le mana, la force spirituelle de la Polynésie…

Une heure de vol. C’est le temps qu’il faut en avion pour rallier Rangiroa depuis Tahiti. 60 mn pour passer de l’effervescence de la capitale Papeete à l’absolue quiétude d’un atoll de rêve. Ici, entre ciel et océan, pas de trafic automobile, ou si peu. Juste la pétarade fugitive d’un deux roues fatigué, ou le grincement d’une chaine de vélo hors d’âge. A Rangiroa, le ralenti est un art de vivre. Et dans cet atoll où tout n’est que bleu infini, le point culminant est déterminé par la hauteur du plus grand cocotier…

Que peut-on faire dans cet anneau émergé du Pacifique par la grâce des Dieux ? Rien. Ou plutôt si, s’allonger sur des langues de sable blanc à s’en abimer les yeux, pour contempler le ressac de la houle heurtant le récif corallien. Pêcher dans le lagon, si tant est que cette passion vous anime. Ou alors plonger. Plonger à s’en étourdir les tympans, tant la faune sous-marine est ici éclatante.


Vue aérienne de l'atoll de Rangiroa - ©urosr/iStock

 

Une trentaine de sites de plongée

A titre d’initiation (le site est idéal pour un baptême), impossible de manquer la plongée dite de « l’aquarium ». A quelques brasses de l’îlot Nui Nui, face à la passe de Tiputa reliant l’atoll à l’océan, la profusion de poissons est folle. Vivaneaux, girelles-paons, chirurgiens, poissons papillons, poissons clows et même requins à pointe noire cohabitent ici en toute bonhommie. Une trentaine de sites de plongée sont fréquentés à Rangiroa, de quoi satisfaire les pratiquants de tous niveaux.

Sans bouteilles, l’atoll s’apprécie autrement. Un masque et un tuba suffiront aux moins hardis à observer coraux et vie sous-marine. La balade en bateau dans la passe de Tiputa est aussi un classique du genre. Explication ? A chaque marée montante, de grands dauphins, joyeux comme des enfants faisant l’école buissonnière, bondissent dans les vagues. Les plus grands mesurent jusqu’à 3,50 m et pèsent 500 kg. Une soixantaine évolue dans les parages, libres et resplendissants. Inoubliable.


Barrière de corail et poissons tropicaux - ©Damocean/iStock

 

Gentils requins pointe noire…

Second plus grand atoll au monde, disions-nous – il n’est battu que par celui de Kwajalein, dans les îles Marschall voisines. Ses 80 km de long et 30 km de large enserrent 1 450 km² d’un lagon translucide, cerné par 400 motu (îlots inhabités plantés de palmiers). Ces motu sont la sortie favorite des habitants le week-end. Enfants et fatras familial sont embarqués dans des barques à moteur pour atteindre les ultimes récifs et accoster auprès d’un cabanon isolé, histoire de faire griller des mahi-mahi ou des carangues accompagnés de riz et de légumes.

Les loisirs se limitent à des plaisirs simples. Marcher par exemple depuis le motu Pa’ati jusqu’à la barrière de corail, à travers les concrétions émergées aux allures de petits Tsingy. Boire le jus d’une noix de coco et déguster sa pulpe. Donner les restes de repas aux gentils requins pointe noire, gourmands jusqu’à frétiller sur le sable pour récupérer les fonds de gamelles poissonneux… C’est cela, le bonheur polynésien.


Motu de Rangiroa - ©Sébastien Bousquet/iStock

 

Avatoru, l’essentiel de la vie sociale

Et la terre, alors ? Elle se limite à peu de choses, deux bandes villageoises de l’atoll, Avatoru et Tiputa, peuplées de 2 500 habitants. Soit une quinzaine de kilomètres sur les 230 km de circonférence de l’île, que l’on parcoure facilement à vélo. On y trouve l’aéroport et un chemin asphalté égrené de maisons, entourées de jardins luxuriants ouvrant sur le lagon et ses barques de pêche. Avatoru concentre l’essentiel de la vie sociale. Eglise, poste, banque, école primaire, collège (400 élèves, dont une majorité d’internes venus d’îles voisines), pompiers, trois à quatre épiceries et une ferme perlière, Gauguin’s Pearl, parmi les 400 que compte la Polynésie. Et puis la cave d’un domaine viticole, Vin de Tahiti, un « nectar » de corail issu de vignes plantées sur un motu isolé.

C’est sur cette bande de corail que les touristes séjournent, entre hébergements haut de gamme et pensions de famille. Si les hôtels Kia Ora Resort & Spa et Maitai correspondent le mieux aux standards internationaux (avec leurs clubs de plongée intégrés ou partenaires), on optera plutôt pour les hébergements familiaux. Le Raira Lagon Hotel dispose de 10 bungalows intimistes, face au lagon. Au Relais de Joséphine et au Coconut Lodge, on appréciera le confort type « chambres d’hôtes » de bungalows de charme, juste devant la passe de Tiputa.


Bungalows sur l'atoll de Rangiroa - ©urosr/iStock

 

Motu isolés et décor de rêve

Certains pousseront même jusqu’à la pension de Punua et Moana, sur un motu isolé au décor de rêve. Le confort y sera moindre mais l’expérience inoubliable. Notamment auprès de Punua Tamaehu, vieux sage et force de la nature, spécialiste du mana, cet esprit supérieur qui guide les Polynésiens.

Oui, Rangiroa est un rêve, une robinsonnade inédite au milieu du Pacifique. Un bout de France ultramarin, à une heure de vol au nord-ouest de Tahiti.

 

Informations pratiques

Y aller
Avec Air Tahiti Nui. Paris-Papeete via Los Angeles en 22h. A partir de 1 590€ A/R en basse saison.
Avec French Bee. A partir de 1 150€ A/R.
Puis vol intérieur vers Rangiroa avec Air Tahiti.

Climat
Tropical et chaud toute l’année.

Devise
Le Franc Pacifique. 1€ = 120XPF.

Hôtel / Séjours
Les Relais de Joséphine : Une pension de famille de charme. A partir de 145 € par personne, en pension complète.
Le tour opérateur Exotismes propose des séjours en hôtels et en pensions de famille.

En savoir plus
Site officiel du tourisme en Polynésie française : tahititourisme.fr

 

L'auteur

Philippe Bourget

Journaliste free lance, auteur, je parcours le monde depuis 15 ans pour la presse tourisme grand public et économique. Géographe de formation, je me passionne pour la nature autant que pour les liens que tissent les peuples avec leurs territoires.

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Les sites cités dans ce reportage

Lagon de Rangiroa Lagon de Rangiroa
Lagon de Rangiroa
Avatoru
0h30