Surnommée la « Merveilleuse », la deuxième ville australienne est sans conteste la première en matière de qualité de vie et d’atmosphère… et la préférée des Australiens. Ainsi, ce n’est pas sans un brin de jalousie que l’ambitieuse Sydney regarde de loin la pétillante « capitale sportive et culturelle » océanienne…

La plus Européenne des Australiennes

D’où vient le charme irrésistible de Melbourne ? Tout d’abord, cette ville ne ressemble à aucune autre en Australie. On la dit plus « européenne », sans doute pour décrire cette atmosphère inimitable que le monde entier envie au Vieux continent. Elle abonde ainsi en petits cafés et restaurants. À cela, une raison simple : si à Sydney la « licence 4 » australienne est le privilège des grandes chaînes de pubs car elle coûte une fortune, elle est bien plus abordable à Melbourne. Résultat : tous les goûts sont servis. Les amateurs d’espaces minimalistes chics s’y retrouvent autant que les adeptes des cafés bric-à-brac aux chaises dépareillées. Place à la créativité !

Ce petit quelque chose en plus, c’est aussi la vie en plein air. Ici, la ville est utilisée comme un vaste espace de loisir, et ses joyeux habitants ne s’en privent pas. Immenses parcs, plages interminables ponctuent l’espace urbain. Le sport y est élevé au rang de religion. Qui n’a pas dans sa famille un apprenti champion de cricket ? Du sport, encore du sport, mais toujours dans un esprit ludique ! On vit au rythme des saisons de cricket, de « footy » (le football australien, né à Melbourne) et des institutionnelles courses de chevaux, pour lesquelles un jour a été décrété férié : tous les premiers mardis du mois de novembre, la Melbourne Cup rassemble des centaines de milliers de Melbourniens, à l’hippodrome de Flemington ou devant les postes de télévision.

Une ville en or

1836 : la petite colonie australienne érigée sur la baie de Port Phillip compte 177 âmes. 1854 : dix-huit ans et une ruée vers l’or plus tard, la grande Melbourne peut s’enorgueillir d’une population de 123 000 habitants. Il ne manque plus qu’un boom économique à la fin du 19e siècle pour lancer l’Australian Dream (le rêve australien) : une maison avec jardin pour tous. Un vent d’architecture victorienne souffle sur la Terra Australis. Les quartiers de bord de mer deviennent un immense parc de loisirs, à l’image de St Kilda et de son emblématique Luna Park, ou de Brighton, sa plage et ses petites cabanes bigarrées.

En admirant l’immensité de la baie et du lac d’Albert Park, on a du mal à croire que cette ville cernée d’eau manque cruellement de cet or bleu. Pourtant, elle lutte désespérément chaque été pour remplir ses réservoirs. « Quatre saisons en une journée » : bien qu’il se révèle souvent vérifiable, ce vieil adage n’empêche pas la canicule de frapper très fort en été, parfois jusqu’à plus de 40 degrés. Et de l’eau, il en faut pour faire vivre la multitude d’espèces de plantes et de fleurs exotiques abritées dans les jardins botaniques de la ville.

Une cigale australienne

L’ex-capitale de l’Australie est aujourd’hui celle des festivals. Que ce soit dans le bouillonnant et vertical quartier central de la city ou bien dans sa verte ceinture, Melbourne détient sans conteste la palme de l’événementiel au pays des Aussies, loin devant sa concurrente, la flamboyante Sydney. Chocolat, arts martiaux, jazz, slam, fleurs, gastronomie polonaise ou cinéma français : chacun y trouve son bonheur, dans cette cité qui compte parmi les plus cosmopolites de la planète ! Des dizaines de nationalités cohabitent ici au sein de plus ou moins grandes communautés. Depuis quelques années, l’une d’entre elles a envahi les auberges de jeunesse et les hôtels bon marché : ce sont les backpackers, ces aventuriers au sac à dos qui, après avoir fait le tour du continent, s’offrent une pause à Melbourne et, séduits par la « Merveilleuse », décident parfois d’y rester.

Les sites cités dans ce reportage

Jardins botaniques royaux de Melbourne Jardins botaniques royaux de Melbourne
Jardins botaniques royaux de Melbourne
Melbourne
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