Giethoorn, c'est la carte postale de rêve. Un tout petit village bâti sur l'eau, bordé de chaumières et traversé par un canal où barbotent les canards... A visiter le matin pour éviter les foules. Et prolonger l'après-midi au cœur du parc Weerribben-Wieden, à la découverte de l'Overijssel.

Oui, Giethoorn a un charme fou. C'est même l'un des plus jolis villages du pays. Sauf que, tel Venise, on s'y retrouve rarement seul. Qu'à cela ne tienne !

En arrivant de bonne heure - les tour-operators ne sont pas matinaux - on a tout loisir d'admirer paisiblement le Dorpsgracht et sa myriade de fermes à "dos de chameau" reliées par 177 ponts de bois à "dos d'âne". Aux saveurs bucoliques : rideaux d'arbres, maisons impeccables et pelouses fleuries... s'ajoute le plaisir d'une visite à l'ancienne.

Ici pas de voiture. Le vélo est de rigueur. Mais à défaut de larges pistes cyclables autant longer à pied les 7 km du canal. Ou mieux le suivre au fil de l'eau, assis dans une petite barque à moteur, un bateau collectif ou un punter. C'est la gondole locale : une coque en bois à double proue, que l'on fait avancer en poussant une longue perche dans l'eau.


Giethoorn - ©venemama/iStock

 

Un village de tourbiers

Face au défilé des chaumières, on se demande d'où peut bien venir ce visage unique et ce nom étrange de "cornes de chèvres sauvages"... La réponse se trouve au musée Olde Maat Uus et dans l'eau trouble du canal.

Giethoorn est niché dans le Wieden, un marécage riche en tourbe. Dès le 14e s. son extraction massive a façonné dans toute la région un damier de canaux, de fossés et des îlots de terre où s'installer. Après avoir nettoyé les sols des reliquats animaliers (de chèvres !), les premiers tourbiers ont bâti ici des fermes rebondies pour abriter le surplus des récoltes. Jusqu'au début du 20e s., le village a bénéficié de l'exploitation du précieux combustible.

Aujourd'hui ses 2 500 habitants vivent surtout du tourisme. Restauration, canotage, chambres d'hôtes, tout sourit à Giethoorn. Même si l'été la file des visiteurs sur l'eau se fait pesante, voire embouteillée passé midi. C'est le moment idéal pour filer ailleurs.

 

Base de départ pour la réserve naturelle de Wieden...

Et pourquoi pas faire un tour dans le voisinage. A l'ouest du village, Dwasgracht et Jonen sont de sympathiques hameaux lacustres moins fréquentés que leur grande sœur. Les navigateurs préfèreront les lacs, où profiter de bases de loisirs et d'une constellation de petites îles riches en oiseaux. Plus au sud, Wanneperveen, autre village tourbier, se découvre pour son cimetière à la frisonne et une jolie maison à pignon à redents de 1612. C'est le point de départ d'un sentier sur les traces de la tourbe, au cœur de la réserve naturelle de Wieden. A pousser sans hésiter vers le nord, jusqu'au parc national de Weerribben.

 

... le parc national de Weerribben...

Comme il serait dommage de venir jusqu'ici sans visiter le Weerribben, le plus grand bas-marais du nord-ouest européen. Son paysage d'étangs, de roselières, de forêts est magnifique. C'est le site favori des gens d'ici : authentique, méconnu des touristes. Parfait pour randonner, pédaler et pagayer. Le canoë-kayak reste le meilleur moyen d'explorer ce dédale des canaux hérité des tourbiers, en croisant cygnes, hérons, loutres pour les chanceux. Aucun risque de se perdre : tous les canaux ramènent à Kalenberg. Le joli bourg où prendre un verre et louer le matériel.


Kayak dans le Parc national Weerribben-Wieden - ©Sjoerd van der Wal/iStock

 

... et les villes de l'Overijssel

Situé à la frontière des provinces de Frise, de Drenthe et de Flevoland, l'Overijssel du nord ouvre de nombreux sites pour finir la journée en beauté - ou changer de la tourbe.
Sans aller très loin, le village de Staphorst s'inscrit au registre des curiosités. Derrière les fermes pimpantes vertes et bleues, rigoureusement alignées, se cache un monde à rebours des temps modernes. Ici les femmes sont habillées de costumes traditionnels et le protestantisme est strictement observé. De fait, l'ambiance est très calme en soirée...

Pour trouver l'animation, mieux vaut se replier face au Polder du Nord, sur la délicieuse Blokzijl, ancien port du Zuiderzee. Jadis les vaisseaux de la Compagnie des Indes y trouvaient refuge. Ses quais offrent toujours de sympathiques tables. Dans le même esprit, on peut faire route sur Vollenhove, autre port prospère du Siècle d'Or. La place de l'église Saint-Nicolas réunit ses plus beaux monuments, dont l'ancien hôtel de ville transformé en restaurant.


Port de Blokzijl - ©Kloeg008/iStock

 

Informations pratiques

Giethoorn se trouve à 110 km d’Amsterdam, à 45 km de Leeuwarden, à 8 km de Steenwijk. Liaisons en train et/ou bus depuis ces trois villes.

Office du tourisme de Giethoorn : www.giethoorn.com
Musee Olde Maat Uus : Binnenpad 52, www.museumgiethoorn.nl

Office du tourisme du parc national Weerribben-Wieden : visitweerribbenwieden.com

Tourisme Overijssel   www.holland.com

 

L'auteur

Lise de Rocquigny

Journaliste free-lance, auteur pour le Guide Vert, je suis mordue de patrimoine, d'histoire, de gastronomie. J’adore voyager nez en l’air, me perdre dans les rues... Et prendre le temps de m’installer sur un site pour explorer ses recoins, rencontrer ses habitants, partager leur quotidien.

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Les sites cités dans ce reportage

Fermes de Giethoorn Fermes de Giethoorn
Fermes de Giethoorn
Giethoorn
Lacs autour de Giethoorn Lacs autour de Giethoorn
Lacs autour de Giethoorn
Giethoorn
0h15
Cimetière de Wanneperven Cimetière de Wanneperven
Cimetière de Wanneperven
Wanneperveen
0h15
Fermes (Staphorst-Rouveen)
Fermes (Staphorst-Rouveen)
Staphorst
Place de l'église de Vollenhove
Place de l'église de Vollenhove
Vollenhove
0h15