À l’image de ses fenêtres, tantôt peintes en trompe-l’oeil, tantôt ouvertes sur le monde, celle qui vit naître Niccolò Paganini et Christophe Colomb demeure une ville d’artistes et de marins, perpétuant le souvenir d’un temps où elle dominait les mers.

 

 

C’est par bateau que l’on appréhende le mieux Gênes, « cité verticale » de près de 600 000 hab., enserrée entre des montagnes qui se déploient en amphithéâtre autour de l’eau. Au premier plan s’étire le port où, telles des pièces de Lego, les containers s’entassent au pied d’une forêt d’usines, de silos et de grues tandis qu’au second plan, s’agrippant à la pente, les maisons colorées s’empilent à la manière d’un gigantesque jeu de construction un brin désordonné.

De l’industrie aux loisirs

Une fois passé le port industriel, on accoste au vieux port, où mouillent une myriade de bateaux de plaisance ainsi que le galion construit pour Pirates, de Roman Polanski. Porto Antico a été revisité par le génie architectural de Renzo Piano, un autre  enfant du pays, en 1992, lors du 500e anniversaire de la découverte de l’Amérique. Gênes la discrète a alors été propulsée sur le devant de la scène avec, entre autres nouveautés, le plus grand aquarium du pays, une serre tropicale encapsulée dans une bulle et un ascenseur panoramique avec vue imprenable sur la ville.

Un endroit devenu incontournable pour la passeggiata du week-end !

Le plus grand noyau médiéval d’Europe

Derrière le port se serrent les uns contre les autres les premiers édifices de la vieille ville… légèrement masqués par la Sopraelevata, rocade surélevée et vieillissante, qui fait partie du paysage depuis les années 1960. La proximité entre cette route – bien pratique pour traverser Gênes de part en part – et le centre historique de la ville surprend toujours le visiteur. C’est, en effet, le plus grand centre médiéval au monde, entièrement piéton, un incroyable labyrinthe de venelles aux édifices si hauts qu’on en oublie le ciel et la mer. C’est dans ce lacis de caruggi, ruelles destinées à l’origine à égarer les envahisseurs, que vous viendrez flâner… et vous perdre à votre tour !

C’est d’ailleurs ici que, dès leur arrivée à Gênes, débarquent les croisiéristes ou les immigrants venus chercher fortune. Une foule issue de tous les continents hante donc ce quartier populaire, ce qui lui vaut par endroits, une réputation sulfureuse, notamment autour de la via di Prè ou du quartier de La Maddalena. Mais, à l’instar de nombreuses villes dans le monde, le centre historique, longtemps délaissé, est peu à peu réhabilité. Certaines zones commencent même à montrer quelques signes d’embourgeoisement. À défaut de grandes places, absentes du centre historique, les piazzette deviennent donc noires de monde à l’heure du sacro-saint aperitivo, un rituel que les Génois ne sacrifieraient pour rien au monde… Avant de s’attabler dans l’un des délicieux restaurants de cuisine ligure que compte le quartier.

Faste et raffinement génois

La visite du centre historique atteint son point d’orgue à la via Garibaldi (ancienne Strada Nuova), la « plus belle rue au monde » au Siècle d’or. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, cette large artère bordée de splendides palais Renaissance reflète la puissance économique et politique des riches familles génoises de l’époque. Si certains de ces édifices ont été transformés en musées, la plupart abritent des bureaux et des banques, où les employés s’affairent sous des plafonds ornés de fresques et de dorures éblouissantes.

Les sites cités dans ce reportage

Port de Gênes Port de Gênes
Port de Gênes
Genova
2h00