Un centre historique qui remonte au 17e siècle, des musées dans toutes les rues, et partout des maisons baroques aux couleurs pastel : bienvenue à Györ, la ville principale du nord-ouest de la Hongrie et typique de la province de ce pays.

Vous venez de débarquer sur le quai de la gare de Györ et vous cherchez sur le plan de la ville le centre historique, la raison même de votre voyage et de ce réveil matinal qui vous a fait quitter Budapest deux heures plus tôt. Tournez simplement le regard autour de vous et posez vos yeux sur le premier toit à bulbe à l’horizon : ça y est, vous avez trouvé votre  boussole.
Ce toit, c’est celui de l’église baroque du Karmelita Templom, première étape dans la visite de la vieille ville du 18e siècle. Edifiée dans les années 1720, elle ressemble, avec sa façade jaune et blanche et les spirales de ses contours, à beaucoup d’autres églises du pays. Et elle est aussi la plus claire indication que vous êtes bien sur le chemin d’une jolie cité baroque, telle que la Hongrie en abrite un peu partout, comme à Pécs ou à Szentendre. Son cœur en est Széchenyi Tér (place Széchenyi ). Il s’agit d’une large place carrée que domine l’église Saint-Ignace, construite pour les jésuites au 17e siècle, face à un ensemble de larges et nobles demeures colorées, toutes décorées et encore bien dans leur « jus », fenêtres verticales et petits carreaux compris.

Si l’on ne sait pas que Györ abrite plus loin, dans la ville nouvelle, l’un des principaux centres industriels du pays, on n’a ici aucun moyen de le deviner. Sur Széchenyi Tér, et dans toutes les rues alentour, on se sent hors du temps. La municipalité a bien conscience de la valeur sa vieille ville, et de fait elle l’a entièrement réservée aux piétons. On peut donc flâner sans problème à travers les larges rues pavées et les ruelles qui dessinent tout un lacis de lignes et de courbes jusqu’à la cathédrale Saint-Laszlo.

Les passionnés d’histoire et les amateurs d’anecdotes s’arrêteront quelques secondes au 4 de la rue Kiraly : une plaque commémore le passage de Napoléon, qui s’y est arrêté une nuit de 1809, juste après la victoire de ses troupes sur les soldats autrichiens. La cathédrale Saint-Laszlo, au bout de la rue Léncso est, elle, encore beaucoup plus ancienne, puisqu’elle a vu les invasions ottomanes et même mongoles. Consacrée en 1033, elle a été retravaillée au fil des siècles, et présente des éléments d’architecture romane, baroque et néoclassique qui font d’elle, avec la Vierge à l’enfant, un très beau tableau apporté par un exilé anglais du temps de Cromwell, un des plus beaux monuments de Györ.

 

Ville musée, ville de musées

Györ est aussi très généreuse en musées. S’il faut n’en « faire » qu’un seul, ce doit être le Xantus Janos Museum, une fois de retour sur Széchenyi Tér. Cette institution est abritée dans un très noble palais, jadis habité par un abbé, aux couleurs éclatantes et sur la façade duquel cohabitent très curieusement – et peut-être de façon unique – un Saint-Étienne dans une niche, un christ en croix cloué au linteau et, sur le fronton, l’Œil omniscient du billet vert. Janos Xantus, avant tout célèbre pour ses travaux de zoologiste, était en effet franc-maçon. Héros de la guerre d’indépendance de son pays en 1848, il a consacré une grande partie de son existence à ses nombreuses passions intellectuelles parmi lesquelles l’ethnographie : une partie du Janos Xantus Museum est dédiée à la reconstitution d’intérieurs de maisons, comme ils se sont présentés à travers les âges. Plusieurs autres salles racontent aussi l’histoire de la ville et de la région, de la préhistoire au 18e siècle.

C’est sans doute le musée le plus intéressant de la ville, mais il y en a en fait beaucoup d’autres, à choisir selon ses goûts : celui consacré à Miklos Borsos, l’un des plus grands sculpteurs hongrois, est sans doute à placer en haut de la liste ; le Musée municipal d’art (17 Utça Kiraly) vaut aussi le détour, surtout si l’on est sensible à l’esthétique picturale de la première partie du 20e siècle, et dans tous les cas, il faut s’arrêter devant son sublime portail : deux beaux atlantes supportent un délicat balcon en fer forgé et décoré de lions dorés.

Dans cette collection de musées, mentionnons aussi quelques curiosités, comme le Patikamuzeum, consacré à la pharmacie, et la collection Peter-Vaczy, qui abrite un étonnant bric-à-brac de bibelots et de bimbelots, forcément très inégal et par moments vraiment surprenant. Le tabernacle noir et or en est la plus belle pièce.

On le voit, Györ ne peut pas vous décevoir. Cette cité a même ceci d’agréable qu’elle est un peu oubliée des touristes, qui sont par exemple plus nombreux à Pécs ou sur les rives du lac Balaton. Savoir un peu d’allemand rend le contact avec les habitants plus facile, sachant que l’on est à peine à 100 km de Vienne et que les habitants sont tout simplement bilingues.

 

Informations pratiques

Tourisme à Györ : turizmus.gyor.hu
Office du Tourisme de Hongrie : hellohungary.com

 

L'auteur

Rodolphe Ragu

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Les sites cités dans ce reportage

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