Ce territoire du nord Ardèche a vu fleurir les inventions. C’est ici, à Annonay et alentours, que les frères Montgolfier ont pour la première fois envoyé un aérostat dans le ciel, que la papèterie a pris son essor, qu’on a inventé l’autocar, que perdure l’art de la parcheminerie… Si cela ne suffisait pas, le Haut-Vivarais est aussi une terre viticole et de grands paysages. Alors, vous venez ?

Annonay, la montgolfière en étendard

Que diriez-vous d’un grand bol d’air dans le ciel d’Annonay ? Plus qu’ailleurs, c’est ici qu’il faut découvrir les joies d’un vol en montgolfière. Parce que les paysages des collines du Haut-Vivarais sont splendides. Parce que c’est là, surtout, que fut inventé l’aérostat et que rien ne vaut un voyage dans le décor originel !

Flash back. A la fin du 17e s., la papèterie de Montgolfier est fondée à Davézieux, près d’Annonay, sur les rives de la Deûme. En 1740 et 1745 naissent Joseph et Etienne. Ces deux frères, inventifs et entrepreneurs, se mettent en tête de créer le premier ballon dirigeable, après avoir constaté que l’air chaud gonflait les tissus. Après des tests, ils présentent pour la première fois au public l’envol d’une montgolfière. Nous sommes le 4 juin 1783, sur la place des Cordeliers, à Annonay. Ce jour là, devant des centaines de personnes, un ballon s’élève dans le ciel et se pose 3 km plus loin, après plus de 9 minutes de vol. Aujourd’hui, un parcours-découverte sur les traces des frères Montgolfier est proposé en ville aux visiteurs.

Depuis, Annonay n’a cessé d’être la capitale de la montgolfière. Plusieurs prestataires (dont Montgolfières & Cie) proposent des vols d’initiation d’1h de mars à octobre, depuis le parc Déomas, sur les hauteurs de la ville. Quand la nacelle en osier se redresse en crissant… tout change. Le silence en suspension. Le glissement léger dans l’air frais. Le terroir en panoramique. Ne seraient-ce les coups de brûleurs qui crachent la flamme et hissent le ballon, le vol est une grâce ouatée, un voyage feutré. Et chaque année, le 1er week-end de juin, c’est la Fête de la Montgolfière à Annonay, avec vols d’initiation baptême en montgolfière et reconstitution historique.


Fête de la Montgolfière - ©Aneese/iStock

 

La fabuleuse histoire de la papeterie Canson

La célèbre marque de papier à dessin est intimement liée à la papèterie de Montgolfier. Si Joseph et Etienne brillent avec l’aérostat, le reste de la famille excelle dans l’art papetier. Au 18e s., elle a déjà inventé le bélier hydraulique et le premier papier vélin français ! Ces progrès lui vaudront de devenir Manufacture Royale en 1784 et d’être anoblie par Louis XVI.

La suite fut plus rude. L’entreprise entre dans le giron de la famille Canson au tournant du 19e s. En parallèle, un autre Montgolfier, Jean-Baptiste, crée deux nouvelles papeteries à Annonay. Elles vivront plus de 160 ans sous le nom familial, avant leur rachat en 1972, elles aussi, par Canson. Depuis, les sites historiques ont fermé. Mais il existe deux usines plus récentes, à Saint-Marcel-les-Annonay et à Annonay. Propriété depuis 2016 du groupe italien Fila, Canson y produit la gamme des papiers beaux-arts de la marque et assure la logistique des marques de crayons, peintures, pinceaux… Fila.

Le Musée des Papeteries Canson et Montgolfier, aménagé dans l’ex-usine de Davézieux, témoigne de l’aventure papetière d’Annonay. La visite évoque l’histoire de la famille Montgolfier, l’évolution des techniques de production du papier du 17e au 21e s., la vie quotidienne des ouvriers et s’ouvre sur un atelier de fabrication de feuilles... Indispensable !

 

Dumas et le parchemin, patrimoine vivant

Dès le Moyen Age, l’énergie de l’eau permet l’éclosion de la tannerie en pays d’Annonay. La douceur de la Deûme et de la Cance est propice au travail du cuir. On peut d’ailleurs encore voir en ville quelques bâtiments coiffés de séchoirs à peaux (les chauchières). Il reste aussi une poignée de PME, dont la Tannerie d’Annonay (cuir de veau), propriété du groupe Hermès et l’entreprise Mavica, sous-traitant de Vuitton.

Mais pour le touriste, l’excellence de cette filière est à découvrir dans la parcheminerie historique Dumas, à Annonay. C’est l’une des trois dernières en France. Depuis 1926, la famille entretient cet artisanat qui consiste, à travers 25 opérations, à transformer une peau brute en peau dite « en tripe séchée », vendue aux artisans de la décoration et de l’enluminure. La visite de l’Espace Musée du Parchemin permet parfois de rencontrer Frédéric Dumas, l’actuel dirigeant, petit-fils de Marcel, le fondateur.

Les plus belles peaux de chevreaux, chèvres, agneaux, daims, cerfs… sont travaillées ici pour produire en enluminure des parchemins le plus blanc possible, tels qu’exigés par les clients. Un savoir-faire inédit pour cette fabrique inscrite à l'inventaire des Métiers d'Art Rare en 2011 et labellisée « Entreprise du Patrimoine Vivant ». Une boutique d’usine et un showroom proposent des articles en peau et des parchemins produits sur place.

 

De la carrosserie… au car, l’aventure du transport collectif routier

Il était une fois un charron, Joseph Besset, installé à Vanosc, petit village 11 km à l’ouest d’Annonay. Dans cette commune perchée à 634 m d’altitude, notre homme a d’abord réparé des roues et des carrosseries automobiles, passant au début du 20e s. des « voitures à crottin à celles à pétrole ». En 1938, il fabrique le premier car Isobloc, prélude à l’essor de l’industrie du car à Annonay.

Le Musée du charronnage au car, à Vanosc, retrace à travers l’histoire de Joseph Besset le travail des charrons et l’évolution des cars, grâce à une exposition inédite d’autocars, d’autobus et de véhicules utilitaires de tous âges. Egalement des modèles réduits, outils, documents, photographies et vidéos. Clou de l’exposition : un car Citroën de 1935, carrossé par Berliet, utilisé lors de tournages de films.

Aujourd’hui, l’usine Iveco, déployée sur une colline au cœur d’Annonay, symbolise l’identité industrielle de la ville. C’est là que s’installe dans les années 1920 l’atelier de construction de cars de Joseph Besset. Depuis, le site a grandi. Sur 272 000 m², il emploie 1 200 personnes et produit différentes gammes de bus de ville et d’autocars Iveco.


Musée du charronnage au car à Vanosc - ©L.Clara-ADT07

 

A pied et à vélo, des sommets au Rhône

Avec ses collines et ses sommets, Ardèche Grand Air est un paradis pour la randonnée et le vélo. Plus de 500 km de sentiers sont balisés, pour des balades en toute quiétude et de tous niveaux (facile à difficile). A vélo sur la Via Fluvia, une ancienne voie de chemin de fer reconvertie en piste verte, ou sur les routes de la célèbre course cycliste l’Ardéchoise, le grand air des paysages ardéchois vous attend.

Des exemples de randonnées ? Le Mont Miandon, sur les hauteurs d’Annonay : 2h30 de balade pour profiter d’un large panorama sur la ville et son bassin. La Roche Péréandre, étrange monolithe calcaire perché dans la vallée de la Cance (2h depuis le village de Vernosc-lès-Annonay). Les « maisons fortes » de Quintenas, au sud-est : une randonnée de 4h au fil de hameaux et des fermes fortifiées de Manoha et de l’Hotoire, en pleine campagne agricole. Et le « Graal », pour finir, le Grand Felletin. Point culminant du nord Ardèche, à 1 387 m d’altitude, son ascension est réservée aux marcheurs entraînés. Compter 7h aller-retour depuis Monestier et 725 m de dénivelé. Tous les itinéraires sont consultables gratuitement sur l’application Cirkwi.


Panorama sur les collines d'Ardèche - ©Ch. Guy/hemis.fr

Les fans de cyclisme sont aussi en terrain conquis. Originale, la Via Fluvia est une ancienne voie de chemin de fer qui reliait la Loire et le Rhône. C’est aujourd’hui une piste verte de 120 km, bientôt achevée. Dans le territoire, on peut l’emprunter sur 10 km entre Annonay et Saint-Marcel-lès-Annonay (location de VTC, VTT et vélos électriques chez « A nos vélos », à Annonay). Le parcours se raccordera à terme à la Via Rhôna à Serrières, pour multiplier les possibilités de balades. Parmi les autres choix, citons la Vallée de la Cance, l’Ardèche Verte autour de Saint-Félicien (160 km, parcours montagneux) et la Via Rhôna entre Sablons et Tournon (36 km entre champs arboricoles, maraîchage et vignobles).

N’oublions pas le VTT ! Très nature, le territoire d’Ardèche Grand Air offre un grand nombre d’itinéraires : le col du Fayet ; le secteur de Toissieu, au-dessus de la vallée de la Cance ; la Grande Traversée de l’Ardèche via Annonay ou Saint-Félicien

 

Vignobles et autres gourmandises…

Ardèche Grand Air est un territoire gourmet. On y trouve les célèbres « produits ardéchois » (saucissons, châtaignes, picodons, Saint-Félicien, fruits…) et les vins de la Vallée du Rhône : Côte Rôtie, Condrieu et Saint-Joseph, l’appellation incontournable du territoire. Où comment joindre la découverte culturelle et sportive aux plaisirs de la table…

L’AOC Saint-Joseph reconnait la qualité des vins rouges et blancs. Les premiers sont élaborés avec un cépage unique, la syrah. Des vins puissants et fins avec des arômes de poivre et d’épices. Les seconds sont conçus à partir des cépages roussanne et marsanne et offrent un nez élégant et subtil aux notes florales. Pour découvrir ce vignoble, il y a l’embarras du choix ! Marchez au cœur des vignes dans la vallée de Montrond, entre Limony et Charnas (7 km) ; allez dans les domaines viticoles et les caves, à Saint-Désirat, Serrières, Félines… ; rencontrez les producteurs sur les marchés locaux, à Annonay, Quintenas, Peaugres, Serrières… ou lors d’une fête viticole (Fête des Vins de Charnas, en juillet…).


Coteaux du nord Ardèche - ©CB-ADT07

Et puis asseyez-vous aux bonnes tables du territoire, pour associer art culinaire et dégustation des vins : Le Lieu, un restaurant-bar à vin d’Annonay ; Le Saint-Georges, à Serrières (bistronomique) ; Radicelles (gastronomique, local et de saison), Le Bistrot Juste à Côté (local food), l’Escabelle, Au Pré d’Ici (bio et local), L’Essentiel, à Annonay… L’Ardèche Grand Air a tout pour elle !

 

Article sponsorisé

 

L'auteur

Philippe Bourget

Journaliste free lance, auteur, je parcours le monde depuis 15 ans pour la presse tourisme grand public et économique. Géographe de formation, je me passionne pour la nature autant que pour les liens que tissent les peuples avec leurs territoires.

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Les sites cités dans ce reportage

Place des Cordeliers
Place des Cordeliers
Annonay
0h15
Musée des Papeteries Canson et Montgolfier
Musée des Papeteries Canson et Montgolfier
Davézieux
1h00