Des catacombes de Paris, au château de Loches, en passant par le musée Fragonard, il est certains endroits où l’on ne passerait pas la nuit. Par leur histoire trouble, par les fantômes qui les hantent, par les objets qui y sont conservés, ces lieux vous donneront la chair de poule et feront frémir les plus courageux.

Catacombes de Paris (Paris)

« Déconseillé aux personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, aux personnes sensibles et aux jeunes enfants. » Vous voilà prévenus ! Mais si tel n’est pas le cas, ne manquez pas l’occasion de vous égarer dans les galeries macabres des Catacombes de Paris, tapissées d’ossements soigneusement enchevêtrés. La visite chemine au gré de carrières gallo-romaines reconverties en ossuaire de 1785 à 1810 pour recueillir les squelettes des cimetières de la ville. Le résultat, spectaculaire, vous laissera un souvenir mémorable.


Catacombes de Paris, ©BeccaVogt/iStock

 

Musée Fragonard de l’École nationale vétérinaire, Maisons-Alfort (Val-de-Marne)

Âmes sensibles s’abstenir ! Le musée de l’École vétérinaire vous emmène, entre squelettes de grands animaux, monstres réels et maladies atroces, jusqu’au clou de l’exposition : le cabinet de curiosités. Honoré Fragonard (cousin du peintre) y rassembla en 1766 une inquiétante collection d’écorchés, hommes et animaux savamment momifiés, dont quelques compositions de son cru tels le Groupe de fœtus dansant la gigue ou Le Cavalier de l’Apocalypse sur son cheval.


Les écorchés du Musée Fragonard, ©Mark B. Schlemmer/Flickr-CC BY (detail)

 

Transi de l’église Saint-Étienne, Bar-le-Duc (Meuse)


©DEA/A DAGLI ORTI/De Agostini Editore/age fotostock

En lui faisant face, vous risquez de vous trouver aussi transi que lui. Mi-squelette mi-écorché aux détails ciselés, cette statue datée de 1547, chef-d’œuvre de Ligier Richier, représente un cadavre debout, tendant son cœur au ciel. Selon la légende, Anne de Lorraine aurait demandé au sculpteur de représenter son époux René de Chalon, tué au combat, tel qu’il était trois ans après sa mort. Et même si d’aucuns y verront une victoire de la vie sur la mort, cette apparition morbide fait froid dans le dos.

 

Église de Kernascléden (Morbihan)

Fondée au 15es ., l'église Notre-Dame de Kernascléden abrite de magnifiques fresques polychromes qui justifient à elles seules le détour par ce coin reculé. Sur les murs du transept subsistent les fragments d’une danse macabre – montrant que tous les hommes sont égaux devant la mort – et d’une pétrifiante représentation de l’enfer. L’originalité de l’œuvre réside dans la variété des supplices imaginés : des damnés jetés dans un chaudron, d’autres mordus ou griffés par des démons... Édifiant  !


Église Notre-Dame de Kernascléden, ©J. Alba/age fotostock

 

Musée de l’Inquisition, Carcassonne (Aude)


©FairytaleDesign/iStock

Vous serez stupéfait de découvrir ici les instruments d’un passé où la torture n’était que routine. Placée au centre du Pays cathare dont la doctrine bravait l’église romaine, Carcassonne fut au 12e s. un important lieu d’exercice de l’Inquisition. De la presse au pilori, le musée, certes un peu défraîchi, expose les objets qui vous laisseront imaginer ce qu’ont pu endurer les hérétiques. Heureusement les Cathares, dit-on, ne craignaient pas le bûcher.

 

Musée d’anatomie de Montpellier (Hérault)


©Ch. Goupi/age fotostock

Dans un cadre tout en colonnades aussi majestueux que désuet, l’ancien conservatoire de la très prestigieuse université de médecine de Montpellier présente plus de 5 000 pièces. Dans les vitrines boisées sont exposées des préparations datant du 19e et du début du 20e s., tandis que les bocaux à formol détaillent le corps humain et ses effroyables pathologies. Vous y ferez la rencontre de quelques spécimens, repoussants à souhait, qui auraient toute leur place au musée des horreurs.

 

Cages du château de Loches (Indre-et-Loire)

Prison d’État du 12e s. à la Révolution, le château de Loches se distingue par son raffinement dans l’art de la geôle : des cages exiguës en bois paré de fer. La légende, qui les attribue à la cruauté de Louis XI, prétend qu’on les suspendait en l’air et que les prisonniers, empêchés de se redresser, y restaient des années. Elles servaient en fait la nuit pour les détenus dangereux qui regagnaient leurs cellules la journée. Les cages d’origine, symboles de la tyrannie monarchique, furent détruites en 1790.


Cachot du château de Loches, ©V. Sciosia/Marka/age fotostock

 

Aître de Saint-Maclou, Rouen (Seine-Maritime)

La parfaite quiétude émanant de la cour de cet ancien ossuaire contraste avec les détails angoissants sculptés dans le bois des façades. Squelettes, instruments de fossoyeurs ou danses macabres, tout ici vous rappellera la mort. Depuis sa construction lors de la peste noire de 1348 jusqu’à sa désaffectation en 1781, l'aître de Saint-Maclou a recueilli les ossements des cadavres brûlés à chaque grande épidémie. Il abrite aujourd’hui l’École supérieure d’art et de design de Rouen.


Aître Saint-Maclou, ©Pack-Shot/iStock

 

Abbaye de Mortemer, Lisors (Eure)

La somme de légendes et de récits troublants qui s’accumulent ici depuis le Moyen Âge en fait sans doute le lieu le plus hanté de France. Vous risquez d’y croiser Mathilde, la célèbre Dame Blanche, prisonnière de Mortemer depuis le 12e s. Son père Henri Ier d’Angleterre l’y avait fait emmurer pour la punir de sa conduite légère. Et si la visite des ruines et du parc ne suffit pas à vous faire claquer des dents, réservez absolument votre place pour une « Nuit des Fantômes », en août ou septembre.


Abbaye de Mortemer, ©F. Guiziou/hemis.fr

 

Caveau des Momies, collégiale de Saint-Bonnet-le-Château (Loire)

Contenant une trentaine de corps desséchés datant des 15e, 16e et 17e s., ces sépultures ont été découvertes dans l’église de Saint-Bonnet-le-Château en 1838, et leur bon état de conservation leur a valu l’appellation impropre de « momies ». On ne connaît ni leur origine ni la raison de leur présence. À travers la trappe vitrée aménagée au sol de l’église, vous apercevrez parmi ces corps saisissants, un géant de 2 m, un bossu ou encore une femme enceinte.

 

L'auteur

Magali Triano

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Les sites cités dans ce reportage

Catacombes de Paris Catacombes de Paris
Catacombes de Paris
Paris
0h15
Le Transi Le Transi
Le Transi
Bar-le-Duc
0h30
Église Notre-Dame de Kernascléden Église Notre-Dame de Kernascléden
Église Notre-Dame de Kernascléden
Kernascléden
0h30
Cité royale de Loches Cité royale de Loches
Cité royale de Loches
Loches
1h30
Aître Saint-Maclou Aître Saint-Maclou
Aître Saint-Maclou
Rouen
0h30