Né en Haute-Savoie à la fin des années 70, le parapente compte aujourd’hui plus de 30 000 adeptes en France. Une passion pour ses pratiquants, qui est aussi l’occasion de découvrir quelques-uns des plus beaux sites naturels de l’Hexagone !

Le parachute, tout le monde connaît. Aujourd’hui, on peut presque en dire autant du parapente, né dans son giron, mais avec une différence de taille. En parachute, on saute ; en parapente, on vole. Les premiers essais d’un nouveau type de voile, à la fin des années 1970, ont vite convaincu les pionniers qu’il leur fallait voler de leurs propres ailes. C’est chose faite en 1979 avec la création du tout premier club de parapente au monde,  « Les Choucas », à Mieussy, dans les Alpes.

Depuis, « Les Choucas » ont fait des émules, aux quatre coins de la planète. Et pourtant, la France avec la FFVL (Fédération française de Vol Libre) est restée le lieu de prédilection de cette nouvelle communauté mondiale. Pourquoi un tel succès ? Tout d’abord, dans FFVL, il y a le mot libre. La liberté, c’est le leitmotiv de tout adepte du parapente. Et la France, dans ce domaine, a tenu ses promesses. Il est bien moins compliqué de voler ici que dans d’autres pays. Ensuite, l’environnement : mer ou montagne, l’Hexagone offre d’excellents spots, et variés.

 

Le parapente, un sport ou un loisir ?

« Une fois qu’on est monté au décollage, le parapente est un sport de fainéant : on se laisse porter, on pilote, confortablement assis dans sa sellette en profitant du paysage. »

plaisante Yan, parapentiste amateur depuis 2007.

Oui, mais il ne faut pas oublier cette fameuse montée au « déco », un lieu en hauteur pas toujours accessible en voiture. C’est donc avec une vingtaine de kilos sur le dos qu’il faut parcourir un chemin qui va de quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres, en fonction du site. Les aficionados partent volontiers en excursion pour plusieurs heures en repérage de nouveaux spots.
Et ce n’est pas toujours payant. Systématiquement, le parapentiste est soumis aux caprices du ciel et doit attendre patiemment le coup de vent favorable qui va le faire décoller.

Au fil du temps, le parapente s’est persifié et a donné naissance à plusieurs disciplines : parapente acrobatique, parapente alpin qui s’accompagne de longues marches (avec un parapente ultra léger qui ne pèse que 3 ou 4 kilos). La taille de la voile a été réduite, donnant naissance au speed riding, où la vitesse joue un rôle prédominant.

 

Un style de vie

Pour certains, le parapente est devenu une philosophie. Ils sont quelques-uns à avoir tout abandonné pour se consacrer à cette discipline hautement addictive. Même s’il s’agit pour l’heure d’un sport majoritairement masculin (à environ 75 %), les pratiquantes s’y adonnent avec la même ferveur. La championne de France 2010 Christine Métais, a tout quitté en 2005 pour se consacrer à sa passion. Le monitorat fédéral en poche, qui lui permet d’enseigner et d’accompagner des élèves en vol, elle a décidé d’en faire son métier.

Dans le monde, les parapentistes forment une véritable communauté, qui se retrouve à l’occasion des compétitions, ou bien simplement au fil de leurs voyages. Ils ont aussi des forums sur Internet. Le voyage et l’échange sont essentiels dans la vie du parapentiste, qui rêve toujours d’ailleurs, à la recherche de conditions météo optimales. Avec le parapente, une nouvelle race de globe-trotters est née.

 

Comment s’initier au parapente ?

Il existe un grand nombre de club de parapentes, un peu partout en France. Les Alpes, et surtout la région d’Annecy, sont néanmoins le lieu de prédilection des parapentistes, en raison des conditions climatiques favorables et des panoramas à couper le souffle.
Autre spot notoire : la dune du Pilat, un matelas de sécurité en cas de chute qui permet de s’autoriser quelques acrobaties.

Un sport dangereux ? En France, on compte en moyenne 10 accidents mortels par an, soit un taux de 0,03 %.

« Le niveau de sécurité a considérablement augmenté. On est loin des années 1980, où les drames étaient monnaie courante »,

explique Pierre Bouilloux, l’un des pionniers du parapente et fondateur de Sup’Air, entreprise où il conçoit des sellettes et autres accessoires de vol.

À quel âge peut-on commencer le parapente ? On peut commencer à tout âge, mais il vaut mieux peser plus de quarante kilos. Ceux qui habitent loin des reliefs et de la mer peuvent aussi pratiquer ; certains clubs utilisent des treuils pour vous faire décoller. Entre « pente école » et cours théoriques, vous n’apprenez pas seulement à manier une voile, vous acquérez aussi des notions de  météorologie et de géographie. Qu’on se rassure, un premier vol en parapente se fait rarement seul. Un pilote vous emmène en tandem dans une sellette biplace et vous n’avez plus qu’à profiter des sensations en admirant le panorama. Bon vol !

 

Informations pratiques

Fédération Française de Vol Libre

 

Les sites cités dans ce reportage

Dune du Pilat Dune du Pilat
Dune du Pilat
La Teste-de-Buch
4h00