Construit sur l'emplacement de l'antique Massalia grecque, le Panier est un quartier méditerranéen typique aux façades colorées. Refuge historique des marins et de générations d'immigrants, le Panier est un havre de paix demeuré populaire.

Histoire du Panier

Le Panier devient un quartier populaire lorsque la bourgeoisie marseillaise, au 17e s., décide de le quitter pour s'installer dans les nouveaux quartiers conçus par Colbert à l'est. Au 19e s., en pleine révolution commerciale et industrielle, il acquiert progressivement sa « mauvaise réputation ». Cette « butte surpeuplée et mal entretenue », comme la surnomme les édiles, est considérée comme un obstacle à la modernisation de Marseille. Cet excès d'opprobre ne l’empêche pourtant pas de développer son propre mode de vie lié à une population vivant en grande partie de la mer - pêcheurs, navigateurs, plaisanciers.

Village haut perché (on « monte au Panier »), il attire les Napolitains à la fin du 19e s., puis les Corses après la Première Guerre mondiale. Une partie du quartier est dynamitée par les Allemands en février 1943, à l'exception des bâtiments de prestige. Aujourd'hui, on ne compte plus les pays - du Maghreb aux Comores en passant par le Viêt Nam - qui apportent leur touche de couleur à la mosaïque culturelle du Panier.

 

Balade dans le Panier

Peu étendu, Le Panier se parcourt à pied, le nez au vent, en quête de parfums et de sensations. Ce n'est plus le coupe-gorge où le Marseillais, pourtant brave, n'osait pas mettre les pieds ! Au contraire, l'antique Massalia ne cesse d'être réhabilitée depuis vingt ans. Désormais, les crépis ocre fleurissent sur les façades, les artisans reviennent s'y installer, et les écrivains de polar marseillais - Del Pappas et Carrese, entre autres - en font le cadre de leurs aventures...

Pour rejoindre la butte, faites comme les Grecs de Phocée arrivés il y a 2 600 ans : partez du quai du Port, face à la mairie. D'inspiration baroque, ce petit pavillon évoque certains palais de la côte italienne comme à Gênes. À gauche, voici l'un des plus beaux exemples du Marseille de la reconstruction : les immeubles de l'architecte Pouillon, tout habillés de belle pierre jaune du pont du Gard. Longez ensuite la mairie en suivant la rue de la Prison. Vous passerez devant un beau palais civil du 16e s., la maison Diamantée dont la façade est taillée en pointes de diamants.

La rue de la Prison débouche sur la rue Caisserie, la plus ancienne du Panier. À voir, le balcon en ferronnerie de l'Hôtel Daviel, ancien palais de justice (1743) orné de panneaux dits « à la marguerite », qui était le motif favori des artisans marseillais au 18e s. Vous pouvez également pousser la visite jusqu’à l'Hôtel-Dieu, réputé pour ses trois étages de galeries circulaires à arcades. À proximité, le clocher des Accoules est le vestige de l'une des plus anciennes églises de Marseille.

 

La Vieille Charité, joyau architectural

Revenez alors sur vos pas et attaquez l'ascension du Panier par la mythique montée des Accoules qui a valu au quartier sa réputation de « village pour les chèvres » tant cela grimpe. À droite, la rue Poirier serpente sous les cordes à linge comme à Naples. Un peu plus loin, le préau des Accoules est un ancien collège jésuite du 18e s. Rejoignez la place de Lenche, une jolie placette ensoleillée qui offre une belle vue sur les eaux scintillantes du Vieux-Port. Suivez ensuite la rue de l'Évêché jusqu'à la place des Treize Cantons d'où l'on aperçoit l'énorme coupole néo-byzantine de la nouvelle Major. Celle-ci abrite des lieux emblématiques de la vie du quartier, comme le fameux bar des Treize Coins, et la non moins fameuse Chocolatière du Panier. De là, remontez la rue du Panier sur 100 mètres.

Vous déboucherez, entre les rues Rodillat et Pistoles, sur la Vieille Charité, le joyau architectural de Marseille. Édifié entre 1671 et 1749 pour soigner les miséreux de la ville, cet ancien hospice est l'œuvre des frères Puget. Admirez la chapelle et son dôme ovoïde, véritable déclaration d'amour au baroque italien. Le lieu, havre de paix et de silence, regroupe de nombreux musées (notamment, le Musée d'archéologie méditerranéenne et le Musée d'Arts africains, océaniens et amérindiens).

Pour finir, descendez la rue de Lorette. Deux cents mètres plus bas, le contraste est brutal. Exit le village méditerranéen aux venelles suspendues, bienvenue dans la ville haussmannienne avec la grande artère bruyante de la rue de la République qui descend jusqu'au Vieux-Port

 

Informations pratiques

Office du tourisme de Marseille
4, La Canebière, 13001 Marseille

 

L'auteur

Georges Rouzeau

Journaliste chez Michelin depuis 15 ans, je rends compte de mes voyages à travers des reportages, des photos et des vidéos. Curieux et enthousiaste, j’aime autant l’architecture baroque qu’une randonnée dans le Mercantour, une soirée à Barcelone que la visite des catacombes des Capucins de Palerme...

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Les sites cités dans ce reportage

Le Panier Le Panier
Le Panier
Marseille
1h00
Hôtel de ville de Marseille Hôtel de ville de Marseille
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Marseille
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Pont du Gard Pont du Gard
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Vers-Pont-du-Gard
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Maison diamantée Maison diamantée
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Marseille
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Pavillon Daviel Pavillon Daviel
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Marseille
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Place de Lenche Place de Lenche
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Vieux Port de Marseille Vieux Port de Marseille
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Marseille
1h30
Cathédrale de la Major Cathédrale de la Major
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Centre de la Vieille Charité Centre de la Vieille Charité
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Musée d'Arts africains, océaniens, amérindiens (MAAOA) Musée d'Arts africains, océaniens, amérindiens (MAAOA)
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