Gardée secrète, la découverte en région parisienne d’une momie de 600 ans d’origine inca a fuité sur les réseaux sociaux. Ce sont des ouvriers travaillant sur les chantiers souterrains du Grand Paris Express qui ont fait cette révélation incroyable, jusqu’alors réservée à quelques archéologues.

Avec l’ennui, les gens parlent, discutent, se livrent sur leurs outils numériques. Et le secret, si bien gardé depuis février, a fini par exploser au grand jour. C’est une photo qui a d’abord alerté, envoyée par un maitre de chantier du secteur du bâtiment à un de ses amis :

« Regarde ce qu’on a trouvé sur le chantier du métro ! On a signé un accord pour ne pas en parler, alors ca reste entre nous ! »

Evidemment, de fil en aiguille, la photo a circulé.

Que montre-t-elle ? De médiocre qualité, on y voit pourtant un personnage recroquevillé, desséché, revêtu de tissus et de bandelettes en lambeaux. Une image qu’on imaginerait parfaitement extraite du film fantastique La Momie réalisé par Stephen Sommers en 1999.

Tout commence en février, sur un chantier au sud-ouest de Paris, près d’une ancienne forêt royale des environs de Versailles. Avant de lancer un forage, le maitre de chantier s’aperçoit qu’il existe une excavation « inhabituelle ». Comme c’est la loi en cas de suspicion de découverte archéologique, militaire (bombe) ou policière (cadavre), le chantier est immédiatement stoppé. Après toutes les précautions d’usage (test de déminage, police scientifique…), la fouille du lieu révèle une momie, telle que la photo l’immortalise.

 

Datations

S’ensuit alors son transport, de nuit, sous escorte policière, vers les ateliers du Musée du Louvre. Ce sont les conservateurs du musée le plus visité au monde qui la réceptionnent selon un protocole rigoureux. Radiographiée, analysée pour vérifier qu'elle ne contient pas de substances toxiques, les tissus sont datés au carbone 14, la dentition de la momie est scrutée, ses fibres capillaires aussi, sa peau, ses os. Chaque résidu de pollen, d’insecte, de plante, collé sur les bandelettes est scrupuleusement analysé dans des laboratoires. Ce ne sont pas moins de 40 spécialistes qui se bousculent à son chevet.

Lorsque tous les résultats sont compilés, les historiens sont ravis : la momie date de l’époque inca. Pourtant, un dissident de l’équipe avertit que les analyses ont été trop rapides, que certains paramètres lui paraissent incompatibles avec la datation de 1 450 obtenue, notamment parce qu’ils ne correspondent pas à la flore péruvienne. Ses collègues eux sont formels : la momie est un cadeau offert par les conquistadors Espagnols à François 1er. Epoques et lieu de la découverte correspondent. Avide de connaitre un peu de la notoriété d’Howard Carter avec la tombe de Toutankhamon, le collège d’experts lui enjoint de se taire, préparant déjà une publication scientifique pour en faire la révélation au monde entier.

 

Alors, vrai ou faux ?
C'est FAUX ! Nous aurions sincèrement vraiment aimé que cette belle trouvaille soit authentique, mais malheureusement, la momie n’existe que dans l’imagination des conteurs du 1er avril...

 

L'auteur

Martine Carret

Grand reporter depuis plus de 20 ans, je suis une infatigable globe-trotteuse. J'aime découvrir la Terre sous tous ses angles : paysages et peuples du monde, océans et faune aquatique. Partager mes découvertes de ces univers est le moteur d'un enthousiasme jamais démenti.

Voir tous les reportages de la destination

Les sites cités dans ce reportage

Musée du Louvre Musée du Louvre
Musée du Louvre
Paris
3h00