Artisan d’art, passionné par les plantes sauvages de la presqu’île de Quiberon, Cyril Dennery est un potier et céramiste prisé des chefs bretons. Tour de force, les émaux de ses pièces de vaisselle sont le plus souvent fabriqués à partir de l’environnement naturel des chefs…

« La poterie, ça été un coup de foudre immédiat, aussi bien avec ce que j’appelle “ la vie de la terre ”, qu’avec la technique du tournage, que j’ai absorbée immédiatement contrairement à d’autres potiers novices »,

explique Cyril Dennery.

 

Après des études d’architecture, le jeune homme est devenu le céramiste attitré des chefs bretons, d’Hervé Bourdon (Le Petit Hôtel du Grand Large à Portivy) à Julien Lemarié (IMA à Rennes).

« La presqu’île de Quiberon fut mon seul port d’attache durant toute mon enfance. Mes parents fonctionnaires déménageaient tous les trois ans. Je me sens bien en Bretagne, j’aime notamment son climat tempéré. J’ai failli m’installer dans le Morvan mais finalement, par amour, je suis resté dans le pays du Roi Morvan* qui partage la même formation géologique ».

Sur cette terre de contes et de légendes qu’est la Bretagne, Cyril a tout de l’elfe aux talents multiples, gratifié d’une « véritable connexion tellurique ». Alors que les clients tardaient à se faire connaître dans son atelier, Cyril Dennery fait de nécessité vertu : pour se nourrir, il devient l’un des meilleurs connaisseurs des plantes sauvages de la presqu’île de Quiberon.

« Je ramasse par exemple la bette maritime, l’ancêtre de toutes nos poirées et autres bettes et même de la betterave, qui pousse sur les petits talus sablonneux au-dessus de la mer. Je cueille aussi la livèche, une sorte de céleri sauvage, du pourpier maritime, du maceron que Charlemagne, fin connaisseur des plantes potagères, voulait voir pousser dans ses jardins. Je mange également le laiteron des champs, ancêtre sauvage de la laitue, plus fort en goût. »

Aujourd’hui, il emmène volontiers des groupes de touristes à la découverte de ce patrimoine naturel à côté duquel on passe tous les jours.

Hervé Bourdon est le premier chef à lui demander de cuire des assiettes.

« Je voulais travailler avec des matières naturelles et locales les plus proches possibles de l’environnement du chef. Pour Le Petit Hôtel du Grand Large, j’ai fabriqué des émaux à partir des cendres d’une essence d’arbre – le cyprès de Lambert – qui croît à proximité de son restaurant. La vase et les huîtres récoltées dans la baie de Quiberon sont également transformées en émaux. »

Aux yeux de Cyril, la terre glaise des poteries et la terre nourricière de son jardin ne font qu’un : il s’est d’ailleurs longtemps occupé du jardin potager d’Hervé Bourdon

 

Carnet intime de Cyril Dennery

Une balade ?

« Même si je connais la côte sauvage de Quiberon depuis toujours ou presque, elle demeure un endroit magique pour moi. »

Un produit de la ferme ?

« J’apprécie particulièrement les fromages de Bruno et Karine Guérin, de la ferme Kerourin, qui élèvent des vaches pie noire et des chèvres des fossés, deux espèces bretonnes. »
Karine et Bruno Guérin, Kerourin, 56160 Ploerdut

Un monument ?

« C’est l’une des plus belles chapelles de Bretagne, construite à flanc de falaise dans une anfractuosité rocheuse : la Chapelle Sainte-Barbe, située à Le Faouët. »

 

Informations pratiques

Cyril Dennery

 

*Communauté de communes située à l'ouest du département du Morbihan, aux confins du Finistère et des Côtes-d’Armor, autour de la ville de Priziac.

 

L'auteur

Georges Rouzeau

Journaliste chez Michelin depuis 15 ans, je rends compte de mes voyages à travers des reportages, des photos et des vidéos. Curieux et enthousiaste, j’aime autant l’architecture baroque qu’une randonnée dans le Mercantour, une soirée à Barcelone que la visite des catacombes des Capucins de Palerme...

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Les sites cités dans ce reportage

Côte Sauvage de la presqu'île de Quiberon Côte Sauvage de la presqu'île de Quiberon
Côte Sauvage de la presqu'île de Quiberon
Quiberon
4h00