C’est la campagne au milieu de l’océan. La plus grande des îles du Ponant, en Bretagne, s’illustre comme une terre de saveurs où l’on se régale de produits marins comme terriens : homard, agneau de Belle-Île, galettes fines… Bon appétit !

Maritime et rurale

Le chef triplement étoilé Pierre Gagnaire y possède une résidence secondaire. Même en vacances, loin de ses fourneaux, il cuisine pour ses proches et n’a aucun mal à trouver de bons produits. Le maestro de la célèbre table du 6 rue Balzac, à Paris, se fournit ainsi en poissons au marché de Le Palais, capitale de l’île. Tôt le matin, les femmes des pêcheurs vendent sur un quai du port ce que les bateaux ont rapporté dans leurs filets - bar, homard, rougets, soles… -, aux côtés des maraîchers dont les belles fraises, pommes de terre et tomates couvrent les étals. C’est là l’une des caractéristiques de Belle-Île en mer : ce gros rocher est autant tourné vers la mer que vers la terre. Très rurale, l’île bretonne compte une trentaine d’exploitations agricoles.

Relève des casiers à homards - ©SolStock/iStock
Relève des casiers à homards - ©SolStock/iStock

 

Agneau et pouce-pied

Il porte le label « agneau du large », au goût délicatement salé. L’agneau de Belle-Île bénéficie d’un climat océanique et se nourrit d’herbe et de fleurs chargées d’embruns. Pour larguer les amarres côté saveurs, il faut aussi compter sur le pouce-pied, étonnant crustacé qui vit en grappes, accroché aux rochers battus par les vagues. L’île bretonne est l’une des dernières régions d’Europe à recenser une colonie suffisante pour être exploitée, contrairement à l’Espagne ou au Portugal où cette délicatesse reste très prisée. Ses amateurs jouent parfois les acrobates pour les détacher, dans le respect de règles strictes.

Pouce-pied - ©proud_natalia/iStock
Pouce-pied - ©proud_natalia/iStock

 

Pêche à pied

Durant les grandes marées, locaux et estivants descendent sur les plages de la côte « en dedans » ou de la côte sauvage armés de leurs épuisettes pour pêcher la moule, le bouquet, l’araignée… Ceux qui reviennent bredouilles trouvent leur bonheur chez les poissonniers ! S’il n’y a pas d’activité ostréicole à Belle-Île, les huîtres Cochennec, de Carnac, élevées juste en face, sur le continent, y sont directement vendues au détail. Mais les plus puristes se servent directement sur certaines plages, à marée basse, où déguster les huîtres sauvages à même le rocher, une bouteille de vin blanc et de bons outils dans leur panier.

Pêche au crabe - ©Chris102/iStock
Pêche au crabe - ©Chris102/iStock

 

Des marchés animés

Si le marché de Le Palais reste le plus important, les trois autres bourgs de l’île ont aussi leur rendez-vous. Celui de Bangor est très couru le dimanche matin, animé de façon conviviale. À Locmaria, c’est le mercredi matin. Pour le coquet port de Sauzon, c’est uniquement l’été, le vendredi soir. Parmi les stands récurrents : la fromagère Pilou et sa tomme à base de lait de vache de la ferme de Fonténégo, ainsi que l’artisan-charcutier Cédric Maziller qui valorise la filière locale pour ses saucisses, rillettes et chorizo (médaillé du premier Mondial du saucisson en 2018). Le Coin des producteurs offre une sélection des délices de Belle-Île, de la volaille aux tisanes, avec un coup de cœur pour les glaces maison (caramel au beurre salé, pistache, toffee…). Par ailleurs, des agriculteurs ouvrent les portes de leur exploitation, tel Maël Aillet, à Keroulep, où les enfants peuvent assister à la traite des chèvres du soir. Ce jeune paysan vend ses fromages de chèvre et il a également installé un moulin pour produire de la farine de sarrasin, cultivé sur place.

 

Miel et caramels

La lande fleurie de Belle-Île convient parfaitement aux abeilles noires, adaptées à cet environnement insulaire depuis des milliers d’années. Protégée par un arrêté préfectoral interdisant l’introduction de toutes abeilles du continent depuis 1985, cette sous-espèce est chouchoutée par deux apiculteurs : Richard Laurence dont le miel « raconte sa terre, union du minéral et du végétal, du liquide et du solide », à Sauzon, et Quentin Le Guillou, à Le Palais, qui proposent la vente directe au rucher. Les becs sucrés se régalent des caramels et des galettes fines de la Bien-Nommée, biscuiterie artisanale dont l’atelier de fabrication se trouve à Le Palais.

Lande fleurie de Belle-Île - ©encrier/iStock
Lande fleurie de Belle-Île - ©encrier/iStock

 

La mer à boire

L’île assure également de quoi se désaltérer, avec modération bien sûr. La brasserie La Morgat produit, entre autres, une bière ambrée primée par les Trophées de la gastronomie bretonne, en 2006. Elle peut se déguster sur la terrasse de la brasserie, à Port Salio, très plaisante l’été de retour de la plage de Bordardoué, avec une aire de jeux pour les enfants. Quant au whisky Kaerilis (de kaer, belle en breton, et ilis, île en grec), il est élaboré et vieilli en fût de chêne sur place, de quoi donner au nectar doré un goût iodé. Le distillateur Fabien Muller utilise, pour certaines cuvés, de l’orge de Belle-Île, un terroir décidément riche en saveurs.

 

Informations pratiques

Y aller

Les bonnes adresses

  • Brasserie La Morgat (1849 Port Salio).
  • Coin des producteurs (zone artisanale de Mérézelle, Le Palais), jeudi 9h30-12h30 (vacances de printemps et d’été), vendredi 9h30-12h30 et 17h-19h, samedi 9h30-12h30.
  • Fromage de chèvre à la Ferme de Keroulep (La croix de Keroulep, Locmaria) : traite des chèvres tous les soirs à 18h.
  • Huîtres Cochennec, sur les marchés de Bangor, Le Palais et Locmaria, et possibilité de dégustation à Locmaria (chemin de Port Maria).
  • La Bien Nommée : boutique (8 place de la République, Le Palais) et biscuiterie à visiter et point de vente (zone artisanale de Bordilla, Le Palais).
  • Whisky Kaerilis (40 av. Carnot, Le Palais).

Les marchés

  • Marché de Le Palais (place de la République) : tous les matins l’été ; mardi, jeudi et samedi hors saison.
  • Marché de Bangor (place Claude Monet) : dimanche matin.
  • Marché de Locmaria (place Abeille Flandre) : mercredi matin.
  • Marché de Sauzon (quai Guerveur) : vendredi à partir de 17h30, seulement l’été.

En savoir plus
Office de Tourisme de Belle-Île-en-Mer
Morbihan Toursime

 

L'auteur

Mathilde Giard

Journaliste, je me suis spécialisée dans le voyage après avoir vécu en Afrique du Sud et en Allemagne. J’aime sillonner la planète, à la rencontre de ses habitants, avec autant de plaisir à découvrir un coin perdu à la porte de chez moi qu’à explorer une mégalopole au bout du monde. Toujours curieuse…

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Côte Sauvage de Belle-Île
Belle-Île
4h00