Comme d'autres villes meurtries par la guerre, Brest n'aspire qu'à la culture et à l'échange. Venez découvrir cette ville terriblement attachante en pleine métamorphose, désormais à 3h25 de Paris en train !

La rue de Siam : l’épine dorsale de Brest

Pourvue d’un tramway, cette longue rampe piétonne est devenue, après la Reconstruction, la principale artère commerçante de la ville. Le nom de cette artère fait allusion aux trois ambassadeurs du roi de Siam qui débarquèrent à Brest le 18 juin 1686 pour se rendre à la cour de Louis XIV avec leur suite. Leur passage éblouit tellement les habitants qu’ils rebaptisèrent la voie en leur honneur. Au bout de la rue, préparez-vous à embrasser une vue magnifique sur la rivière Penfeld, le château à gauche (rare vestige du vieux Brest), la rade au loin, le pont de Recouvrance et sa travée mobile de 625 t, et sur l’autre rive, le plateau des Capucins.


© G. Rouzeau / Michelin

 

Voyage en téléphérique vers le quartier de Recouvrance et le plateau des Capucins

Pour mieux intégrer sa rive droite, la ville a ouvert une ligne de téléphérique pour rejoindre le quartier populaire de Recouvrance sur le bord duquel se trouve le plateau des Capucins, célèbre pour ses anciens ateliers de construction de « machines marines ». Cet ancien couvent du 17e s., transformé en caserne par la marine en 1800, est devenu au cours du 19e s. un atelier géant de 25 000 m2 divisés en plusieurs nefs, adossées à des murs colossaux sous lesquelles ont sué jusqu’à 1 200 ouvriers. 
Aujourd’hui, ce glorieux souvenir de la construction navale brestoise est un lieu qui cherche à associer diffusion culturelle, production artistique et industries créatives avec une médiathèque (superbe), bientôt un cinéma, un incubateur à entreprises, etc…L’avenir de Brest s’invente ici.


© G. Rouzeau / Michelin

 

La rue de Saint-Malo : Brest avant la destruction

Voilà une rupture comme on les aime : à cinq minutes à pied des Capucins, un fragment de rue pavée du 18e s. a gardé quelques-unes de ses façades intactes, grâce à l’opiniâtreté d’une association qui y organise expositions et animations. Bienvenue dans le Brest d’avant la destruction ! La rue longe le mur d’une ancienne prison pour femmes de petite vertu et autres huguenotes rebelles, le Refuge royal, qui a brûlé à la fin du 18e s.

 

Rencontre avec Matthieu Banvillet, directeur du Quartz, un joyau de la culture

Pas de week-end à Brest sans profiter d’un spectacle au Quartz !

« Il y a une énergie très particulière à Brest qui fait qu’on s’y sent bien, due sans doute à la présence de l’océan et de cette lumière unique. J’aime aussi la simplicité des rapports humains »

nous déclare Matthieu Banvillet, le directeur du Quartz. Cette scène nationale est tout simplement la plus fréquentée de France (en dehors de Paris). Un appétit culturel brestois que reflète parfaitement l’éclectisme de haute volée de cette institution qui défend brillamment le spectacle vivant (et notamment la danse contemporaine) et l’ouverture (sans complaisance) au public le plus large. Il s’y passe toujours quelque chose, et il y a toujours des places libres vendues à la dernière minute. Le Quartz est également associé aux nombreux festivals et manifestations culturelles de la ville, de Longueurs d’ondes (consacré à la… radio) au très réputé Festival Européen du Film Court

 

Astropolis, le plus ancien festival d’électro français

Fondateur en 1995, avec son compère Gildas Rioualen, du plus ancien festival d’électro français, Matthieu Guerre-Berthelot a gardé toute la fraîcheur et l’enthousiasme de ses débuts, et une passion intacte pour cette bonne vieille ville de Brest. Il égrène devant nous les grands moments de ce festival qui a commencé comme une rave clandestine dans un champ du Finistère avant d’embrasser désormais toute la ville (et notamment le manoir de Keroual) et presque tous les genres musicaux, de la techno à l’électro en passant par Miossec, ou Divine Comedy

 

À Brest, prenez la mer !

Brest et la mer ne font qu’un ! L’histoire de la ville se confond avec celle de son port (consacré à la Marine nationale pendant des siècles et toujours seconde base navale française, après celle de Toulon), de sa rade, et aujourd’hui de ses ferries, de ses plaisanciers et de ses grands navigateurs.

Voici trois options pour prendre la mer :
1. Partez à bord de la Recouvrance pour une journée de croisière ou plus. Le navire ambassadeur de la ville de Brest, lancé en 1992 pendant les fêtes maritimes de Brest, est la réplique d’un aviso-goélette à hunier de 1817. Armé et rapide, ce petit navire de guerre à voile était utilisé pour assurer les communications. Il sort du chantier de restauration et de construction du Guip situé en face sur le quai du commandant Malbert. Yann Fournier, le capitaine de la Recouvrance, est particulièrement heureux de piloter ce navire qui marie le meilleur de l’ébénisterie et de la charpenterie marine aux techniques modernes. Si vous avez la chance de partir en mer pour quelques jours, nul doute que vous n’appréciez aussi la reconstitution très réussie d’un habitacle de style Empire (à partir de 53 € la demi-journée pour un adulte et 28 € pour un enfant de moins de 12 ans).
La Recouvrance, prête à prendre la mer  - Brest, France
© G. Rouzeau / Michelin
 

2. Embarquez à bord du Loch Mona au port du Tinduff (Plougastel-Daoulas) : cet ancien sloop des années 1950 est dédié à la pêche à la coquille Saint-Jacques en rade de Brest. Yann Roger, son jeune patron, un ancien de la Recouvrance, l’a racheté en 2011 et invite désormais à son bord tous les touristes amoureux de la mer. Il ne tarit pas d’éloge sur ce bateau armé de 120m2 de voilure à bord duquel il explique la navigation traditionnelle et la vie de la rade de Brest.

3. Prenez un billet de la compagnie Penn Ar Bed pour embarquer vers l’île de Ouessant ou celle de Molène.

 

Informations pratiques

Où manger ?

Le Ruffé, 1 bis rue Yves Collet, 29200 Brest
Situé en plein centre-ville, ce restaurant propose une excellente cuisine entre terre et mer, élaborée à partir des produits du terroir. Une démarche volontariste de soutien aux agricultures locales.

Le Globulle rouge, 27 rue Emile-Zola, 29200 Brest
Dans un quartier "arty" à souhait, ce bistrot vintage et convivial affiche tradition et produits régionaux à sa carte.

 

Où dormir ?

Hôtel Océania, 82 rue de Siam, 29200 Brest
Idéalement situé en plein coeur de Brest, il dispose également d'un restaurant réputé...

 

Partir en mer

La Recouvrance
Compagnie Penn Ar Bed
Loch Mona

 

Tourisme

Office de tourisme de Brest
Tourisme dans le Finistère

 

L'auteur

Georges Rouzeau

Journaliste chez Michelin depuis 15 ans, je rends compte de mes voyages à travers des reportages, des photos et des vidéos. Curieux et enthousiaste, j’aime autant l’architecture baroque qu’une randonnée dans le Mercantour, une soirée à Barcelone que la visite des catacombes des Capucins de Palerme...

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Les sites cités dans ce reportage

Rue de Siam
Rue de Siam
Brest
0h15
Pont de Recouvrance Pont de Recouvrance
Pont de Recouvrance
Brest
0h15
Château de Brest Château de Brest
Château de Brest
Brest
0h30
Vue sur la rade de Brest
Vue sur la rade de Brest
Brest
4h00
Base navale de Brest
Base navale de Brest
Brest
0h30