La célèbre grotte ornée de peintures du Paléolithique est fermée au public depuis plus d’un demi-siècle. Mais elle va être accessible à des visiteurs triés sur le volet pour quelques dates en 2020...

La « chapelle Sixtine de la Préhistoire » a été fermée en 1963 par André Malraux, alors ministre de la Culture. Découverte en Dordogne par quatre adolescents et un chien en septembre 1940, elle avait été ouverte au public à partir de 1948. Quinze années de fréquentation touristique intense avaient suffi à perturber l’équilibre fragile qui avait permis la conservation miraculeuse de ses peintures et de ses gravures, réalisées il y a environ 17 000 ans. Celles-ci avaient failli disparaître. En raison d’un excès de dioxyde de carbone induit par la respiration des visiteurs, les parois se sont successivement retrouvées couvertes d’algues verte, d’un voile blanc de calcite, de taches noires... La mise en place d’un conseil scientifique en 2010 a permis de stopper la prolifération de champignons. Aujourd’hui, la présence humaine reste limitée à 200 heures par an.

Dès 1983, un fac-similé d’une partie de la grotte, Lascaux 2, a été érigé à quelques mètres du site original. Depuis 2012, une reproduction itinérante, Lascaux 3, sillonne le monde, hébergée en ce moment au musée archéologique de Naples, en Italie. En 2016, une nouvelle réplique quasi-intégrale et grandeur nature, Lascaux 4, a vu le jour, au pied de la colline de Lascaux. Ce centre international de l’art pariétal a franchi le cap du million de personnes en juillet 2019. Il compte parmi ses derniers visiteurs l’acteur américain Adam Driver, venu incognito en février alors qu’il tournait dans la région Le Dernier duel, de Ridley Scott.

 

Retenir son souffle

Lascaux, l’une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique par le nombre et la qualité de ses œuvres, n’a ainsi pas perdu son pouvoir de fascination… A l’occasion d’une compétition sportive dans le Périgord, le président de la fédération françaises d’études et des sports sous-marins (FFESM), liée à la pratique de l’apnée, a rencontré l’une des responsables du site, Marcelline Ravidat. Cette archéologue a reconnu que le fait de ne pas respirer durant la visite ne devrait pas entraîner de détérioration des peintures et des gravures. Quelques semaines plus tard, une série de dates étaient programmées pour l’année 2020, exclusivement réservées aux apnéistes licenciés de la FFESM. Ces incursions seront mises à profit pour des analyses scientifiques.

« Les apnéistes pourront rester quatre minutes, sans respirer, par petits groupes, le temps de traverser les trois sas et de faire le tour de la salle des Taureaux »,

a confirmé l’équipe administrative de la grotte. La centaine d’heureux élus pourront ainsi contempler les œuvres figurant parmi les plus spectaculaires, certaines longues de cinq mètres : des aurochs, des chevaux, un grand animal énigmatique surnommé « la licorne », des cerfs et un ours. De quoi donner envie de retenir son souffle.

 

Alors, vrai ou faux ?
C'est FAUX ! Il s’agit d’un poisson d’avril, désolé pour les apnéistes passionnés d’archéologie... Une autre discipline à éventuellement envisager, pour avoir une chance de se retrouver seul dans une grotte face à un chef d’œuvre de l’art pariétal : la spéléologie ?

 

L'auteur

Mathilde Giard

Journaliste, je me suis spécialisée dans le voyage après avoir vécu en Afrique du Sud et en Allemagne. J’aime sillonner la planète, à la rencontre de ses habitants, avec autant de plaisir à découvrir un coin perdu à la porte de chez moi qu’à explorer une mégalopole au bout du monde. Toujours curieuse…

Voir tous les reportages de la destination

Les sites cités dans ce reportage

Musée archéologique national de Naples Musée archéologique national de Naples
Musée archéologique national de Naples
Napoli
2h00
Lascaux IV Lascaux IV
Lascaux IV
Montignac
0h30