Pédaler dans la roue des coureurs du Tour de France à moindre effort… Le vélo électrique fait de plus en plus d’adeptes et passe le grand braquet dans les montagnes françaises.

Les grimpeurs du Tour de France viennent à nouveau de jouer les virtuoses dans les Alpes françaises en partant à l’assaut des cols. Parmi leurs exploits, les fameux vingt-et-un lacets menant à l’Alpe d’Huez, en Isère. Imaginez, 13,8 kilomètres de montée sur une pente à 8,1%, au coude à coude entre les névés… Désormais, cette image d’Epinal des héros du bitume se met à portée de mollet du quidam grâce au vélo à assistance électrique (VAE) qui permet de tenter l’exploit en pédalant, certes, mais sans s’épuiser !

 

Nouvelles bornes de recharge sur la Route des Grandes Alpes

L’an dernier, en 2017, les ventes de VAE ont augmenté de 90%, en passant de 134 000 à 255 000 engins écoulés. De quoi motiver, sur les lieux de vacances, les loueurs à proposer des modèles de dernière génération...
Nouveauté de cette année sur l’itinéraire de la Route des Grandes Alpes, qui traverse ce massif du nord au sud, de Thonon-les-Bains à Nice : l’installation de vingt bornes de recharge de batteries.

« Ces petites armoires peuvent contenir jusqu’à six batteries, à recharger entièrement ou partiellement, le temps de déjeuner ou de se promener dans un village »,

explique Lionel Terrail, directeur de la Grande Traversée des Alpes, association créée en 1971 pour développer les chemins sur ce territoire. Des « itinéraires branchés » sont détaillés sur leur site Internet, ainsi que dans un nouveau topo-guide dédié au vélo électrique. Les étapes y sont adaptées en fonction des multiprises à disposition tous les vingt kilomètres, dans un café, un hôtel, un office de tourisme, une coopérative fromagère…

 

Du mode éco au mode turbo

Tout l’art de l’itinérance en VAE est de bien gérer sa batterie, l’élément clé, dont la puissance varie de 250 à 600 watts, sachant que les vélos sont bridés à 25 km/h. Le débutant se rodera au fil des tours de roue…

Le tour opérateur Allibert a été le premier, en 2017, à mettre en place des randonnées à vélo électrique sur ces cimes, muni d’un road-book, la logistique bien calée. L’un des tronçons démarre tout en douceur du lac de Bourget, sans avoir besoin de mettre en route le moteur pour longer les eaux bleu lagon. Près de Saint-Jeoire-Prieuré, une boucle vallonnée au sein des vignobles savoyards aide à s’initier au mode « éco ». Puis l’ascension du massif des Bauges donne le feu vert pour le mode « sport ». Alors que la pente devient plus raide vers les sommets enneigés, il est enfin temps de passer au mode « turbo ». Mais, même si vous avez l’impression qu’il vous pousse des ailes, il faut solliciter les mollets et appuyer avec force sur les pédales… Trois cents mètres avant la fin de l’étape, au village de La Thuile, au pied du pic de la Sauge, la batterie est HS. Sans autre alternative que de mettre pied à terre !

 

Jusqu’au sommet !

L’ascension du lendemain sera un sans faute. Nom du col test : le Tamié, à 907 mètres, franchi neuf fois par le Tour de France entre 1957 et 2013. Dans la roue de Laurent Jalabert ou Richard Virenque qui s’y distinguèrent, on avance entre les bornes jaunes et blanches estampillées d’une silhouette de cycliste casqué en plein effort. Celles-ci décomptent, un à un, les dix kilomètres de montée. Un peloton de jeunes de la vallée, en maillots rouge et blanc, disparaît aussi vite qu’il est apparu, derrière un virage.

« Bah, c’est de l’électrique »,

entend-t-on dire l’un d’eux à ses comparses, un brin méprisant après avoir lâché un bonjour au groupe de novices. Qu’importe, lentement mais sûrement, les virages s’enchaînent sous un soleil de plomb, dopé par la fierté d’arriver en haut toujours en selle. On bascule de la combe de Savoie vers la vallée de Faverges, avec une étape à l’abbaye de Tamié où se ravitailler en fromage fabriqué par les moines. Changement de décor, et une descente grisante s’amorce, 30 km/h au compteur sur dix kilomètres...

 

Borne d’Or dans le viseur

Le col du troisième jour, l’Epine, à 987 mètres, où les coureurs du Tour sont passés trois fois, entre 1947 et 1968, permet de changer encore de panorama, le long du majestueux massif des Aravis. Voilà l’apprenti grimpeur bien en jambes.

« On adapte l’assistance selon son niveau. J’ai acheté un VAE pour ma femme qui m’accompagne désormais sur de longues sorties bien pentues »,

se félicite Vincent qui conserve, lui, son modèle classique. Qui sait, peut-être cette première approche donnera-t-elle envie de tenter de décrocher la Borne d’Or ? Ce diplôme est remis aux cyclistes ayant franchi les dix-sept grands cols de la Grande Traversée des Alpes, dont le mythique Galibier.

 

Informations pratiques

Grande Traversée des Alpes
Topo-guide : La Route des Grandes Alpes à vélo et vélo électrique (Ed. Glénat, 2018, 15 €)
www.moveyouralps.com

MyTripTaylor
Le site MyTripTaylor propose un circuit à vélo de Thonon-les-Bains à Briançon tout en vous permettant de concevoir votre séjour sur mesure : vous choisissez et réservez vos hébergements et vos activités étape par étape.
Circuit La Route des Grandes Alpes à vélo

Allibert Trekking
Ce Tour Operateur propose des tinéraires en vélo électrique à travers les Alpes, à partir de 375 €
www.allibert-trekking.com

 

L'auteur

Mathilde Giard

Journaliste, je me suis spécialisée dans le voyage après avoir vécu en Afrique du Sud et en Allemagne. J’aime sillonner la planète, à la rencontre de ses habitants, avec autant de plaisir à découvrir un coin perdu à la porte de chez moi qu’à explorer une mégalopole au bout du monde. Toujours curieuse…

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Les sites cités dans ce reportage

Route des Grandes Alpes Route des Grandes Alpes
Route des Grandes Alpes
Briançon
Lac du Bourget Lac du Bourget
Lac du Bourget
Aix-les-Bains
0h30
Massif des Aravis Massif des Aravis
Massif des Aravis
La Clusaz
4h00
Route du Galibier Route du Galibier
Route du Galibier
Valloire