Palamós est l'un des ports de pêche et de plaisance les plus renommés de la Costa Brava. Découverte de son musée de la pêche, de la cuisine catalane et surtout de son produit phare, la crevette rouge de Palamós, à la chair délicieuse, véritable friandise des mers...

Palamós, fief de la gambas

Je l'avoue : j'ai découvert Palamós un jour de tempête, sous la pluie, en courant du musée de la Mer à la Criée, aller et retour.
N'empêche, j'y ai beaucoup appris.
Notamment ceci : la Catalogne compte :

"plus de 500km de côtes qui alternent zones rocheuses au relief abrupt sur la côte nord, et de longues franges sablonneuses aux pentes douces sur la côte sud"

explique notre hôte, guide au musée de la pêche l'hiver et monitrice de plongée l'été. Au large du Cap de Creus, de Blanes et de Palamós, la relief est entamé par des vallées et des canyons où la salinité est élevée et les courants faibles. C'est le royaume de l'or rouge de Palamós, la crevette succulente au délicat arôme de noisette (de l'espèce aristeus antennatus). Elle est protégée par un label de qualité, destiné autant à la promouvoir qu'à la protéger. Son prix atteint parfois 200€ du kilo, et on la trouve sur la table des grands chefs étoilés au guide MICHELIN, et notamment sur celle du Celler de Can Roca, le restaurant des frères Roca.

 

Le musée de la pêche de Palamós

Mais l'arbre ne doit pas cacher la forêt, ni la crevette toutes les autres espèces pêchées en Catalogne. C'est le propos du musée de la pêche dont on a aimé l'atmosphère authentique et les collections très riches en objets traditionnels, du vieux filet en lin à la nasse en terre cuite pour piéger le poulpe, en passant par les différentes techniques de pêche en vigueur sur le littoral catalan. Seules une douzaine d'espèces à peine sont recherchées par les pêcheurs pour leur valeur commerciale. Deux vidéos, dont le ton mi-figue mi-raisin, disent bien le malaise du monde halieutique, victime de la surpêche, face à une Méditerranée qui concentre tous les problèmes. 

 

Un restaurant-atelier de cuisine jumelé avec le musée et la criée  

Du musée de la pêche à l'atelier de cuisine du poisson situé au-dessus de la criée, il n'y a qu'un pas (et une volée de marches) que l'on franchit aisément. II est 14h, la criée ne se réveillera que vers 16h30-17h avec le retour des bateaux. Il est donc l'heure de se mettre à table. Dans une grande salle de type cantine dont les baies vitrées regardent la mer, un chef débonnaire s'affaire derrière son long piano en inox. Il nous prépare une arrosejat de fideus, la paëlla catalane où le vermicelle, cuit dans un délicieux fumet de poisson, remplace le riz et également un suquet de pot, délicieuse "bouillabaisse" catalane... Devant lui, un plat expose les ingrédients de l'un des fonds de sauce emblématique de la cuisine catalane, la picada : pain sec, ail, amandes et noisettes, persil, pilés au mortier. Deux plats de terroir goûteux comme on les aime, qui racontent une histoire et le paysage qui les a vu naître. Ce lieu est accessible à tous, groupe ou famille, renseignez-vous à l'accueil du musée de la mer.
Il est 17h, les bateaux rentrent au port, il est temps d'assister à la vente à la criée.

 

Assister à une vente à la criée 

Comme souvent aujourd'hui, et notamment à Roses, le public peut assister à la vente de poissons - le port de Palamós se veut ouvert sur la ville. Bon, disons-le, c'est pas non plus le spectacle du siècle : tout est informatisé ! Des bacs en plastique, remplis de la pêche des différents bâteaux, défilent sur un tapis roulant. Quand deux araignées de mer tentent de sauver leur peau, on les remets fissa sur le dos. Sur un écran s'affichent le nom de l'espèce, le poids des prises et la valeur du lot mis aux enchères. Sur les bancs, des acheteurs (poissonniers, grossistes, négociants) achètent (ou pas) grâce à une télécommande. On repère notamment le personnal shopper des frères Roca. Certains poissons ne valent rien, c'est triste. Fin du spectacle.

 

La poissonnerie du port

La vente à la criée réservée aux professionnels étant terminée, on file vers le marché couvert où plusieurs poissonniers vendent en direct aux particuliers, aux prix que l'on connaît de ce côté-ci des Pyrénées. Une (petite) foule de connaisseurs est déjà là qui vient faire ses emplettes avec calme et détermination. C'est l'occasion d'être enfin confronté à la mythique crevette rouge de Palamós qui orne plusieurs étals. Son prix varie effectivement en fonction de son gabarit. Grosso modo, ça fait un euro de la gambas
Quant aux autres espèces de crustacés, de coquillages et de poissons, quelle richesse et quelle fraîcheur... Impossible pourtant de ne pas se souvenir des mises en garde entendues dans le musée de la mer : sans une pêche durable et soutenable, ne risque-t-on pas de se retrouver avec une "mer sans poissons ?" (Philippe Curry et Yves Miserey, Une mer sans poissons ? Paris, 2008).

 

Informations pratiques

Tourisme de la Catalogne
www.catalunyaexperience.fr
www.catalunya.com

Contact : info.act.fr@gencat.cat

Patronat Turisme Costa Brava Pirineu de Girona
http://fr.costabrava.org/

Comment y aller ?
En avion : www.vueling.com
En train : http://www.renfe.com

 

Palamós, spot incontournable de la Costa Brava

L'auteur

Georges Rouzeau

Journaliste chez Michelin depuis 15 ans, je rends compte de mes voyages à travers des reportages, des photos et des vidéos. Curieux et enthousiaste, j’aime autant l’architecture baroque qu’une randonnée dans le Mercantour, une soirée à Barcelone que la visite des catacombes des Capucins de Palerme...

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