Matsuyama, principale ville de Shikoku, abrite le Dogo Onsen, l’une des plus anciennes stations thermales du Japon. L’occasion d’expérimenter la bienfaisance des sources chaudes, un plaisir très ritualisé.

Le Japon est une terre volcanique. Si l’on creusait suffisamment, on trouverait de l’eau au centre de Tokyo. Shikoku a beau être la seule île orpheline de volcan, elle peut s’enorgueillir d’une petite station thermale, fréquentée par les empereurs, et célèbre dans tout le Japon : le Dogo Onsen.

Le Dogo Onsen, mentionné dès le 8e siècle, est l’une des plus anciennes stations thermales du Japon, et à ce titre-là, l’une des plus prisées. On en trouve une description saisissante dans le roman Botchan (1906) de l’écrivain Natsume Soseki. Le petit train à vapeur, la grande horloge, qui s’anime toutes les heures en musique : tout est resté conforme aux pages du grand écrivain. L’établissement des bains, colossal édifice en bois, croisement surréaliste entre un château japonais et une villa balnéaire normande, semble tout droit sorti de l’imagination fantasque du dessinateur Miyazaki Hayao et pour cause… il s’en est inspiré pour représenter la maison de bains de son film d’animation Le Voyage de Chihiro ! L’intérieur comprend deux bains, le Kami no yu ou « bain des dieux », moins cher que le Tama no yu, « bain des esprits », plus intime. Que vous soyez plutôt divinité ou pur esprit, vous ne résisterez pas aux vapeurs bienfaisantes, à l’intérieur desquelles tous les hommes sont nus, et égaux devant l’éternité…

Quelques règles vous seront indispensables pour ne pas choquer vos compagnons de baignade. Apprenez tout d’abord que dans les bains japonais, tout le monde est nu. Première étape : retirer ses sous-vêtements. Vous vous savonnerez ensuite, assis sur un petit tabouret de bois (« Prière de ne pas dépenser d’eau », précise un écriteau). Vous ne conserverez avec vous qu’une petite serviette carrée, destinée à dissimuler votre intimité : les habitués, cependant, placeront la serviette humide sur leur tête, et pourront ainsi se déplacer dans l’eau, sans s’en soucier.

Les vapeurs d’eau créent un brouillard dansant au travers duquel on croise parfois le contour d’un baigneur. Les sources alcalines sont brûlantes (42 degrés), et la chaleur, lentement anesthésie les corps. On en ressort revigoré, comme après une longue sieste… Moralité : un petit plouf suffit parfois pour voir le Pays du Soleil Levant sous un jour nouveau.

Informations pratiques

Site de l'office du tourisme de Shikoku
www.tourismshikoku.fr
 
 

L'auteur

Gautier Battistella

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Shikoku-mura
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Takamatsu
1h30