Face à l’océan, au nord-est de la préfecture de Tottori, les vents et les courants ont peu à peu modelé un magnifique petit désert : les dunes de Tottori. Les visiteurs s’y pressent par milliers pour les escalader et mieux les dévaler ensuite, ou bien y faire un petit tour à dos de chameaux.
 

Un phénomène géologique unique dans l'archipel

Comme la dune du Pilat en France, les dunes de Tottori furent créées sur une période de 30 000 ans par les sédiments granitiques entraînés par la rivière Sendai, que les courants marins et les tempêtes hivernales ont repoussés vers le rivage. À la fin de l’ère glaciaire, le niveau de la mer diminuant, l’ancienne baie de Tottori a disparu pour laisser apparaître d’importantes épaisseurs de sable grossier brun recouvertes de sablon jaune soufflé. Les cendres volcaniques des alentours du mont Daisen se sont également accumulées sous forme de strates entre les différentes couches de granulat. Suite à l’aménagement récent du lit de la rivière et au reboisement de ses rives, l’altitude des dunes a cessé de croître.

 

Un paysage surnaturel

Dès que le vent dépasse les 20km/h, de nouvelles silhouettes et de spectaculaires lignes ondulantes sont façonnées en surface des dunes. Sur la ligne de crête, lorsque l’accumulation de matériaux dépasse l’angle d’équilibre de tassement, des pans de plusieurs mètres glissent vers le bas, créant ainsi des motifs de voilages. De petits cratères à forte inclinaison, appelées suribachi, se créent également lors de vent plus fort. Au petit matin, le visiteur se délecte à contempler les formes étonnantes sculptées par la bise nocturne, sublimées par les clairs obscurs harmonieux du soleil levant. Au printemps et à l’automne, la pluie laisse des nappes d’eau aux creux des cuvettes, telles de petites oasis sahariennes. Un phénomène irréel s’y observe l’hiver, lorsque la neige recouvre l’ensemble d’un fin manteau blanc. 

 

Préservation et environnement éco-responsable

Très fréquentées, les dunes restent fragiles et vulnérables. Un chemin unique d’accès permet de canaliser le flot des touristes depuis le parking d’accès commun avec le musée du Sable et de petits commerces. Cela facilite le travail des dizaines de bénévoles qui, chaque hiver depuis 30 ans, nettoient le site de ses déchets, retirent à la main les mauvaises herbes qui empêchent le mouvement du sable et dénaturent la beauté du site. L’endroit abrite un important centre de recherche sur l’agriculture en milieu aride, la prévention et l'inversion de la désertification. En retrait du littoral, on aperçoit sur des dunes moins élevées, les plus grandes plantations d’échalote du Japon qui s’étendent sur plus de 120 ha. Celles-ci deviennent de couleur violette fin octobre lors de la floraison.

 

Informations pratiques

Office de tourisme de San'in : www.sanin-tourism.com
Tottori tourisme : www.tottori-tour.jp

 

L'auteur

Manuel Sanchez

Auteur, photographe, à la recherche de contacts, d'identités culturelles autres, d'architectures singulières. Aguerri par de multiples voyages, j'ai adopté ces astuces menant à des investigations de fond. J’affectionne les précisions des premiers récits de voyage et leur sens du sacré.

Voir tous les reportages de la destination

Les sites cités dans ce reportage

Dunes de Tottori Dunes de Tottori
Dunes de Tottori
Tottori
4h00
Mont Daisen Mont Daisen
Mont Daisen
Tottori
0h30
Musée du Sable Musée du Sable
Musée du Sable
Tottori