Avec leurs danses endiablées, leurs costumes et leurs masques expressifs, les représentations de Kagura d’Iwami sont accessibles à tous. Du fait de l’exiguïté des scènes à l’intérieur des sanctuaires, le public se trouve au contact des danseurs et des musiciens. Une occasion rêvée de prendre part à l’effervescence qui émane de ce spectacle traditionnel haut en couleur !

Les origines religieuses et une popularité retrouvée

Le Kagura d’Iwami, rituel de danse et de musique dédié aux dieux shinto, est célébré depuis le 7e s. au sein des sanctuaires de l’ouest de la préfecture de Shimane. En complément des prières, il est censé assurer de bonnes récoltes de riz et éviter les cataclysmes naturels.
Les spectacles, autrefois organisés par les prêtres shintoistes, l’ont été aussi par des personnes de la société civile à compter de l’ère Meiji, puis peu à peu par les gens ordinaires. Son origine provient probablement d’un mythe célèbre autour de la déesse du soleil Amaterasu puisé dans le Kojiki, très ancien recueil de mythes japonais. L’exposition internationale d'Osaka en 1970 a été l’occasion de rappeler aux nouvelles générations l’existence de cet art traditionnel un peu délaissé, et de le diffuser à nouveau au Japon et à l’étranger. Le Kagura d’Iwami ne cesse à présent de redevenir populaire à Shimane comme ailleurs.

 

Une préparation et un spectacle gérés par des bénévoles

Autrefois réservé aux hommes, il n’est plus rare à présent de voir les femmes participer au spectacle. Celui-ci est organisé et mené par des villageois bénévoles étant par ailleurs agriculteurs, routiers ou pêcheurs. Ils travaillent durant la journée et dansent en soirée pour répéter les performances à venir. Des volontaires non professionnels effectuent également la préparation des accessoires, masques et costumes modulables. Ces derniers brodés au fil d’or ou d’argent, pouvant peser jusqu’à 20 kg, nécessitent jusqu’à un mois de travail à 4 personnes. Tout comme les masques, le corps du célèbre dragon Orochi, d’un poids de 12 kg et de 17 m de long, est réalisé à base de papier fabriqué à la main et de bambou. 

 

Une mise en scène colorée et dynamique

Cette danse se caractérise par son côté divertissant et par la rapidité de son rythme. Dans une chorégraphie dynamique orchestrée par un groupe de 15 à 30 danseurs-interprètes, les épisodes se succèdent dans une intensité de bruits et de couleurs croissante, avec utilisation de fumigènes et autres procédés pyrotechniques et de masques sans cesse renouvelés. L’accompagnement musical sur la gauche de la scène réunit une flûte à six trous reprenant la mélodie, un tambour et des cymbales ; le joueur de tambour assure également le chant. Bien que les textes soient interprétés en japonais ancien, la simplicité du scénario à la trame répétitive, dieux vainqueurs des démons, Bien contre le Mal, permet à tout spectateur néophyte d’apprécier pleinement la performance.

 

Informations pratiques

Calendrier des spectacles :
Temple Sanku à Hamada, sam.19h30-20h30
Temple Tatsuno-Gozen-Jinja à Yunotsu Onsen (Oda), sam. 20h-21h
Eaga building à Masuda, janv.-août sam. 19h30-21h.
Autres dates et lieux sur www.kankou-shimane.com

Office de tourisme de Shimane : www.kankou-shimane.com

 

L'auteur

Manuel Sanchez

Auteur, photographe, à la recherche de contacts, d'identités culturelles autres, d'architectures singulières. Aguerri par de multiples voyages, j'ai adopté ces astuces menant à des investigations de fond. J’affectionne les précisions des premiers récits de voyage et leur sens du sacré.

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Iwami Kagura
Hamada
0h30