Mangas, dessins animés, mode, J-Pop,... Si vous êtes, malgré la distance, proche de la culture moderne japonaise, Tokyo ressemble à la terre promise. Les héros de vos séries et les décors dans lesquels ils évoluent se confondent ici avec la réalité. Vous marcherez dans leurs pas, mais réaliserez vite que tout est encore plus incroyable que ce que vous aviez imaginé ! Si, en revanche, ces mondes parallèles vous sont totalement étrangers, vous les découvrirez avec plaisir et étonnement dans des quartiers... assez particuliers.

Un monde (pas si) parallèle

À peine débarqué de votre avion des mascottes souriantes vous accueillent. Vous les collectionnerez tout au long de votre séjour. Celle de votre hôtel, de la police, d’un grand magasin. Un adorable bestiaire qui orne aussi bien les sacs des nonagénaires que ceux des collégiennes. Que l’on décline en gadget, en gâteaux, en héros d’une publicité ou d’une campagne de prévention. Vous croiserez aussi de jeunes hommes habillés en dandy de la Belle Époque ou en punk berlinois. Une lycéenne vêtue en lolita gothique qui picore une barbe à papa fluorescente. Une autre qui surpasse en élégance ses modèles parisiens... À Tokyo, tout cela n’a rien d’excentrique. L’originalité fait partie de la norme.

Les Japonais aiment en effet s’extraire temporairement de la réalité, fuir une société où le groupe l’emporte sur l’individu. De là vient en partie le succès des mangas, des dessins-animés ou des jeux vidéo. Ils permettent de se réfugier dans des mondes virtuels. Certains se rapprochent de leurs héros en revêtant leurs costumes, en mimant leurs postures. D’autres collectionnent frénétiquement les produits dérivés d’une série de science-fiction ou d’un groupe musical de nymphettes en jupettes.

L’ancrage de cette culture est ici fort et ancien. Son exportation, plus récente, contribue à forger une image positive du pays. Vous croiserez donc nombre d’étrangers dans des quartiers « spécialisés ». Attendez le week-end pour vous y rendre. Et plongez !

 

Akihabara l’électrisante

D’abord, une friche jonchée de feuilles mortes (Akiba no hara). Puis une gare où se greffe un marché de composants électriques issus des surplus de l’armée d’occupation américaine. Marché qui devient quartier où, dans des boutiques surdimensionnées, on vend les dernières technologies qui envahiront plus tard la planète. C’est logiquement dans cet univers d’écrans et de pixels que les accros aux premiers jeux vidéo se sont retrouvés. Puis, par extension, les amateurs de culture moderne japonaise.

Le résultat : un déluge de décibels et de néons, des écrans et des enseignes gigantesques où sourient les derniers personnages à la mode. Des lieux où les fans trouvent tout ce qu’ils désirent pour transformer le virtuel en presque réel. Les magasins verticaux, comme Comic Tora no Ana  ou Mandarake, débordent de produits dérivés. Des cafés sont dédiés à des robots-héros. Dans d’autres – les maid cafés – des jeunes filles habillées en soubrettes de l’époque victorienne brisent la timidité des otaku. Surprenant.

 

Harajuku rose bonbon

Autour de Takeshita-dori et dans le proche quartier de Shibuya, les adolescents cultivent leur originalité, concrétisent leur désir d’unicité. En écumant les boutiques de vêtements et d’accessoires, ils changent d’identité, se composent des looks sages ou provocateurs, très roses ou très noirs, délirants ou faussement classiques. Prémices parfois d’une mode qui fera le tour du monde. Une fascinante parade ! Le quartier est ainsi l’épicentre de l’univers kawaii qui combine excentricité et retour à l’enfance. Ce culte du « mignon » s’applique aussi aux plaisirs sucrés : crêpes multicolores, glaces-lapin,... Un monde à découvrir par exemple au Kawaii Monster Café (http://kawaiimonster.jp). Chut... vous verrez.

 

Nakano pour se perdre

À 10 minutes en train de Shinjuku, au bout de l’allée commerçante typiquement japonaise de Nakano, se trouve un labyrinthe dans lequel beaucoup rêvent de se perdre (www.nbw.jp). Seuls les initiés les plus... atteints, peuvent s’y retrouver. Rien de clinquant ici. Mais une addition de mini-boutiques proposant des articles hyper-pointus, le plus souvent de seconde main. Figurines, poupées, posters, planches originales, CD, K7,... y racontent des décennies de culture moderne nippone.

Vous l’aurez compris, pour les fans comblés, les novices désormais convertis ou les spectateurs étonnés, Tokyo est unique !

 

Tokyo Pop

Les sites cités dans ce reportage

Quartier d'Akihabara Quartier d'Akihabara
Quartier d'Akihabara
Tokyo
1h00
Harajuku
Harajuku
Tokyo
1h00
Shinjuku Shinjuku
Shinjuku
Tokyo
1h30