L’atelier Oshima Tsumugi au nord de l’île de Amami-Oshima perpétue un savoir-faire ancestral dans la fabrication de kimonos en soie de toute beauté. Établi dans un cadre idyllique au pied de la montagne, ses artisans continuent d'utiliser comme autrefois des éléments naturels pour la teinture, et des techniques traditionnelles de tissage.

L'Ori Jime, un procédé inchangé depuis 1 300 ans

L’atelier Oshima Tsumugi sur Amami-Oshima reste fidèle à une technique traditionnelle importée de Chine sur l'île d'Okinawa, puis sur les îles Amami à partir du 8e s. Les vêtements tissés de fil de soie, appelés « Tsumugi », étaient autrefois réservés à l'entourage et à la famille du roi de Ryukyu, puis par la suite aux membres des gouvernements féodaux successifs. Les habitants n'étaient pas autorisés à les porter, ils ne les utilisaient que pour s'acquitter de taxes dues à leurs maîtres. Ce n'est qu'à compter de l'ère Meiji à la fin du 19e s. que ces créations artisanales recherchées deviennent des marchandises et sont distribuées à travers tout le Japon.

 

Un travail long et minutieux

Depuis le début du 20e s. et l'augmentation de la demande, de nombreuses améliorations ont été apportées dans la chaîne de fabrication, mais celle-ci demeure artisanale. Le bois de Techiki, découpé en petits morceaux, est plongé dans de gros chaudrons portés à ébullition. Les fils de soie sont alors trempés dans le mélange refroidi, puis séchés au soleil (étape répétée de 15 à 20 fois). La couleur rouge sombre ainsi obtenue, évolue ensuite vers des gris ou des bleus sombres par l'immersion des fils dans différents types de boues prélevées sur les berges d'une rizière. Ces boues, par leur forte concentration en fer, permettent de teinter mais aussi de fixer la couleur sur la soie. La teinte indigo est, elle, obtenue grâce aux feuilles de Persicaria tinctoria.

 

Des pièces rares et convoitées

Les bandes rectangulaires de tissus tsumugi, très résistantes et infroissables, servent à la confection de kimonos aux motifs variés : rayures simples, chaînes, croix, écailles de tortue... Après le tissage et l'assemblage durant des semaines, le prix de vente de ces pièces peut atteindre plusieurs centaines de milliers de yens. Celles-ci sont bien souvent déjà réservées à l'avance par la clientèle fortunée de la capitale.

 

Informations pratiques

Avec plusieurs vols quotidiens entre Kagoshima au sud de Kyushu, et les îles Amami-Oshima, Kikai, Tokunoshima, Okinoerabu et Yoron, ainsi que des liaisons quotidiennes entre les îles elles-mêmes, la compagnie aérienne japonaise JAL assure avec ses partenaires locaux JAL Express et Ryuku Air Commuter une parfaite desserte de l'archipel.

De son côté la compagnie maritime Aline line Ferry propose des billets simples permettant de voyager d'île en île, mais aussi une formule de « pass trajets illimités » (norihodai kippu) valable entre toutes les îles, vous permettant de concocter un circuit à la carte à un tarif très raisonnable.

 

L'auteur

Manuel Sanchez

Auteur, photographe, à la recherche de contacts, d'identités culturelles autres, d'architectures singulières. Aguerri par de multiples voyages, j'ai adopté ces astuces menant à des investigations de fond. J’affectionne les précisions des premiers récits de voyage et leur sens du sacré.

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Les sites cités dans ce reportage

Jardin et atelier de kimono Oshima Tsumugi à Oshima Tsumugi Mura Jardin et atelier de kimono Oshima Tsumugi à Oshima Tsumugi Mura
Jardin et atelier de kimono Oshima Tsumugi à Oshima Tsumugi Mura
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