Si les voyageurs sont nombreux à aller au Rajasthan, peu d’entre eux s’aventurent dans l’État voisin du Gujarat, la patrie de Gandhi. De l’architecture de sa capitale animée Ahmedabad à ses parcs nationaux à la nature sauvage, le Gujarat a beaucoup à offrir à tous ceux qui veulent découvrir une Inde authentique et peu touristique.

Ahmedabad, la capitale

La bouillonnante capitale du Gujarat offre de beaux exemples d’architecture indo-musulmane. Ne manquez pas la mosquée Jama Masjid et celle de Sidi Saiyed pour ses fresques de pierres. Rendez-vous aussi au temple Hatheesingh, un magnifique sanctuaire jaïn en marbre blanc. A quelques kilomètres de la ville, on visite l’ashram Sabarmati qui fut le quartier général du Mahatma Gandhi. En 1930, c’est de là qu’il partit pour sa symbolique marche du sel qui sera déterminante dans son combat non-violent vers l’indépendance de l’Inde. Ahmedabad, c’est aussi l’occasion de pousser la porte d’excellents restaurants pour découvrir les saveurs de la cuisine gujarati, essentiellement végétarienne.

 

Rani-ki-Va ou le puits de la Reine à Patan

À environ 130 kilomètres au nord-ouest d’Ahmedabad se trouve la ville de Patan. Peu touristique, elle abrite pourtant le splendide puits de la Reine, un puits à degré construit au 11e siècle. Les puits à degrés (bâolis en hindi) offrent une forme d’architecture hydraulique souterraine, une tradition que l’on retrouve dans toute l’Inde. Ce puits de sept étages a été inondé par une rivière toute proche et est resté ensablé pendant des siècles jusqu’à la fin des années 1980. Une fois restauré, de magnifiques sculptures ont été trouvées dans un excellent état.


Rani-ki-Vav dit le puits à degrés de la Reine - ©Leonid Andronov/iStock

 

Au petit Rann de Kutch, le sanctuaire des ânes sauvages

Au nord-ouest de l’Etat du Gujarat, s’étend la plaine du Kutch, avec d’un côté le grand Rann (désert en hindi) et le petit Rann. Il y a plus de 2 000 ans, coulait ici un bras de la mer d’Arabie. Pendant la saison sèche, la terre aride est recouverte d’une couche de sel. Dans ce décor lunaire du petit Rann, on peut observer les derniers spécimens d’ânes sauvages, des nilgauts (grandes antilopes), des grues et des flamants roses. De novembre à mars la mousson transforme ce désert en un marais humide.


Anes sauvages dans le petit Rann de Kutch - ©Photocech/iStock

 

Les villages d’artisans du grand Rann de Kutch

Rendez-vous à Bhuj, pas loin de la frontière avec le Pakistan. C’est le point de départ de votre visite des villages d’artisans. La vaste plaine du Kutch est habitée par de nombreuses ethnies qui créent depuis des siècles de splendides tissus, ce qui en fait l’une des régions les plus riches d’Inde en matière d’artisanat. Chaque pièce de tissu, tenture ou vêtement, est unique. Les tissus sont peints, colorés, brodés et incrustés de minuscules miroirs.

 

Des festivals hauts en couleur

Au Gujarat, les festivals jalonnent la vie des habitants. La fête de Navatri a lieu en septembre-octobre. Chaque soir, pendant neuf jours, les fidèles hindous exécutent des danses pour honorer les neuf incarnations de la déesse Durga, qui représente la lutte et la victoire du bien sur le mal. En novembre, place au festival du Rann de Kutch. Des centaines de tentes émergent des plaines de sel et de nombreux spectacles de danse et de musique y ont lieu. En janvier, le festival d’Uttarayan célèbre le changement de saison avec un extraordinaire rassemblement de cerfs-volants. Tous ces festivals sont aussi l’occasion de déguster les douceurs locales comme les jalebi, ces beignets en forme de spirale dégoulinant de sirop !

 

La Statue de l’Unité

Inaugurée en octobre 2018, près du barrage de Sardar Sarovar à quelques 200 kms au sud-est d’Ahmedabad, la Statue de l’Unité est la plus grande statue du monde. Haute de 182 mètres, elle rend hommage à Sardar Vallabhbhai Patel, l'un des pères de l'indépendance de l’Inde. Surnommé « l'homme de fer », il a été le premier ministre de l’Intérieur de l’Inde indépendante dirigée par Nehru.


La Statue de l'Unité, la plus grande statue du monde - ©Muni Yogeshwaran/iStock

 

Parc archéologique de Champaner-Pavagadh

Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004, ce site archéologique se trouve dans un paysage spectaculaire de collines volcaniques. On y visite les vestiges de Champaner, l’ancienne capitale du Gujarat au 16e siècle. Au sommet de la colline du Pavagadh, se trouve le temple de Kalikamata, un lieu de culte très animé où l’on croise de nombreux pèlerins hindous. Il faut compter environ 2h30-3h de marche pour y accéder ou emprunter le funiculaire.

 

Le parc national de Gir

C’est le dernier refuge des lions d’Asie, à environ 350 km au sud-ouest d’Ahmedabad. Le parc national de Gir s’étend sur 1 400 km2 de montagnes et de forêts et abriterait encore quelques 500 félins. Des safaris en jeep sont organisés au lever du soleil pour les touristes et les photographes animaliers. Les plus chanceux verront des lions et des léopards en liberté, sinon de magnifiques cerfs, des singes, de nombreux oiseaux, des hyènes, des paons et des crocodiles.


Lions d'Asie dans le parc national de Gir - ©eROMAZe/iStock

 

La colline sacrée de Shatrunjaya

À côté de la ville de Palitana, se trouve l’un des lieux les plus sacrés du jaïnisme. Les fidèles de cette religion, née en Inde il y a 3 000 ans, sont nombreux à venir gravir la montagne qui mène à un complexe de plus de 800 temples. La plupart grimpent pieds nus les 3 300 marches. Les pèlerins malades ou âgés montent dans de pittoresques chaise à porteurs. Pour les jaïns, le mérite se gagne en construisant des temples, d’où cette profusion de sanctuaires construits depuis le 11e siècle.


Temples jaïns sur la colline de Shatrunjaya - ©mazzzur/iStock

 

Dwarka, ville sainte

C’est l’une des quatre villes sacrées de l’hindouisme, située au bord de la mer, à l’extrême ouest du Gujarat. D’après la mythologie hindoue, Krishna, l’un des avatars de Vishnu, y aurait fondé son royaume. On visite le temple Dwarkanath du 16e siècle, finement sculpté, et on observe l’intense activité religieuse au bord des ghâts, ces marches au bord de l’eau. La ville aurait été engloutie après le passage sur terre de Krishna. Des fouilles sous-marines, en face de Dwarka, ont justement mis à jour en 2002 les vestiges d’un port dont l’existence remonterait à environ 7 500 ans av. J.-C. La réalité rejoint le mythe...


Les Ghâts de la rivière Gomti dans Dwarka - ©0shi/iStock

 

Informations pratiques

Tourisme Gujarat : www.gujarattourism.com