À 80 km à l’ouest de Shanghai, Tongli est un bourg traditionnel quadrillé de canaux que les touristes prennent plaisir à sillonner en barque. Même s’il est entretenu de façon un peu artificielle, il offre une certaine vision du monde rural à ceux qui n’ont pas le temps de visiter les grandes campagnes chinoises.

Près de 2 heures de route, avec les embouteillages. C’est le temps nécessaire depuis Shanghai pour rejoindre, plein ouest, le village traditionnel de Tongli et ses canaux, dans une région rurale qui borde au sud l’immense delta du Yang-Tsé. L’itinéraire d’accès ressemble à un parcours de morne plaine. Jalonnée de hangars, de bras de rivières et de petits étangs à pisciculture, la route étroite chemine sous un ciel bas et blanc parfois masqué par des alignements d’arbres.

 

Barques et bateliers en habit traditionnel

L’eau, omniprésente, explique que les villages donnent l’impression de flotter. Le vieux bourg à canaux de Zhouzhuang est le plus célèbre d’entre eux, et il est comme tel submergé de touristes. Tongli, une vingtaine de kilomètres plus loin, a l’avantage d’une « relative » tranquillité. On y débarque en… petit train, transport obligatoire dans un pays où l’accès à chaque site majeur est aménagé pour les groupes de touristes. La curiosité monte d’un cran lorsque l’on s’enfonce dans les ruelles pavées du village, bordées par les canaux. Revêtus de leur veste traditionnelle boutonnée jusqu’au col, les bateliers font sillonner à l’aide de leur rame-gouvernail de mignonnes barques en bois clair.

 

Jardin Tuisi et musée… du sexe

C’est entendu, Tongli a été bichonnée, ripolinée. Et les habitants n’ont plus grand-chose à voir avec des paysans. Ils tirent désormais leurs ressources des nombreux bars, boutiques et restaurants proposés aux touristes plutôt que de la pêche au cormoran – certains volatiles font maintenant le pied de grue sur des barques, pour le folklore et les photos. Mais le charme agit quand même, avec ces ponts de pierre en dos-d’âne, ces maisons basses aux toits noirs, ces saules pleureurs qui font ombrage, ces petites cuisines de rue au fumet suave, ces messieurs dans leur échoppe affairés autour d’une partie de mah-jong, ces mamies rinçant leur linge, courbées au bord de l’eau…

Il fait bon aussi s’installer à la terrasse d’un restaurant. Comme au Nanyuan Tea House, une « taverne » en bois où se côtoient touristes et « locaux », avalant vite fait crevettes et bols de riz.

Surtout, Tongli possède deux pépites : le jardin Tuisi (ou jardin pour la Retraite et la Réflexion), construit à la fin du 19e siècle, lieu de retraite et de méditation dans la grande tradition des jardins chinois semé de pagodes ; et le musée… du sexe de la Chine ancienne, un bric-à-brac d’objets et de gravures dédiés à l’amour et plus encore. On comprend mieux, soudain, pourquoi Tongli présente un intérêt particulier…

 

Informations pratiques

Office de tourisme : www.otchine.com
Le printemps et l’automne sont les meilleures saisons pour aller à Shanghai. Températures agréables en mars-avril et septembre-octobre.
Visa obligatoire. Passeport valide au moins six mois après la date de sortie du territoire.

 

L'auteur

Philippe Bourget

Journaliste free lance, auteur, je parcours le monde depuis 15 ans pour la presse tourisme grand public et économique. Géographe de formation, je me passionne pour la nature autant que pour les liens que tissent les peuples avec leurs territoires.

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Les sites cités dans ce reportage

Jardin pour la Retraite et la Réflexion
Jardin pour la Retraite et la Réflexion
Tongli
1h30