Ferme urbaine sur les toits des gratte-ciels, jardins partagés, visite guidée par un habitant… New York se croque à pleines dents sous le mode éco-responsable. Suivez le fil vert !

Balade sur la High Line

Depuis le printemps 2019, des liquidambars et des tilleuls déploient leurs branches sur la High Line, les plus grands arbres jamais plantés sur la coulée verte de Manhattan. Un tunnel végétal et des terrasses en bois complètent The Spur (l’éperon), nouvel espace aménagé à l’extrémité nord de cette ancienne voie de chemin de fer transformée en parc il y a 10 ans, vers Hudson Yards. La High Line abrite 500 espèces de plantes, une étonnante diversité botanique.

« Nous avons observé le retour de 22 espèces d’abeilles »,

se réjouit Eric Rodriguez, le responsable horticole. Les promeneurs migrent aussi en nombre aux beaux jours - 7 millions chaque année - sur cette promenade surélevée qui se termine, deux kilomètres au sud, au Whitney Museum. Le bâtiment de 2015, signé Renzo Piano, est l’un des rares musées à avoir décroché le LEED d’or, certification américaine pour un design éthique. Plutôt que de se pencher sur son efficacité énergétique, on y contemple les toiles d’Edward Hopper qui a légué une partie de ses œuvres au Whitney.


La High Line, coulée verte aménagée sur une ancienne ligne de chemin de fer - ©sangaku/iStock

 

Yoga à Central Park

Le poumon vert de la Grosse Pomme reste Central Park, entièrement interdit aux voitures depuis 2018. L’agence Fit Tours NYC y propose une balade « yoga au lever du soleil », ponctuée d’anecdotes historiques et d’exercices favorisant une reconnexion avec la nature. Idéal contre le jet lag. On s’étire ainsi sous les ormes centenaires après avoir tenté la « posture de l’arbre » sur un affleurement du schiste de Manhattan, cette roche si dure qu’elle supporte, sans vaciller, les lourds buildings.

 

Jardins partagés à East Village

Des coins de verdure insoupçonnés se cachent dans East Village, quartier historiquement engagé et bohème qui recèle la plus grande concentration de jardins partagés de New York. Une centaine d’entre eux ont été aménagés sur des friches abandonnées entre 1970 et 1990, de quoi faire une pause à l’ombre des gratte-ciels.


Culture de légumes bio dans un jardin partagé d'East Village - ©fotografixx/iStock

 

Potager bio au bord de l’East River

Quoi de plus chic que de dîner locavore à Manhattan ? Basilic, fenouil, piment… Le chef du restaurant River Park les cueille dans son potager bio en surplomb de la voie rapide qui longe l’East River.

« Nous faisons aussi pousser de l’indigo pour teindre notre linge de table ! »,

souligne Jonathan Sumner, le jardinier en Doc Martins.

 

Ferme urbaine et vignes sur les toits à Brooklyn

Un ancien chantier naval, Brooklyn Navy Yard, abrite le plus grand toit végétalisé de New York : le champ de 6 000 m2 de la Brooklyn Grange Farm d’où sortent 5 tonnes de fruits et légumes bio par an. On y trouve aussi un poulailler et une ruche. Des vignes sont cultivées sur un toit voisin, le Rooftop Reds. Devin Shomaker y a récolté ses deuxièmes vendanges en 2018.

« Pour le cru 2017, j’avais produit 200 bouteilles que je compte vendre mille dollars pièce »,

confiait-il. Le vin servi provient, lui, de vignobles des Finger Lakes, au nord de l’Etat de New York, 39 € le pichet,

« un bon prix au verre pour Brooklyn ! »,

vante le jeune entrepreneur doué pour le marketing.


Battery Urban Farm, la plus grande ferme pédagogique de Manhattan - ©littleny/iStock

 

Cours de compost à Governors Island

Une autre ferme urbaine s’est développée au niveau de la mer, sur Governors Island. On déambule entre les rangs de carottes et de persil que l’on retrouve dans l’assiette des gargotes de l’île, dont le Little Eva’s. Il y a même de la lavande en fleurs pour le 14 juillet ! Des chèvres y ont pris leurs quartiers, un cours de compost est dispensé aux New Yorkais et une école d’ostréiculture planche sur la réintroduction des huîtres, destinées non à la consommation mais à recréer un écosystème dans la baie. Le tour de l’île prend vingt minutes à vélo. On peut dormir sous la tente dans le campement chic de Collective Retreats, la statue de la Liberté au large. Seul hic : le vacarme des hélicoptères qui, non autorisés à survoler Manhattan, effectuent leurs rotations au-dessus de Governors Island.

 

Tourisme participatif à Coney Island

Envie de se poser sur du sable fin ? Direction Coney Island, au bout de la ligne de métro. Dans une démarche de tourisme participatif, on s’y fait guider par un « Big Apple Greeter », concept né à New York selon lequel un habitant montre, gratuitement, son quartier. Ce jour-là, c’est Jay, enseignant à la retraite, qui joue les ambassadeurs de la station balnéaire désuète.

« La plage était bien plus grande quand j’étais enfant ! »,

regrette ce petit-fils de migrants roumain et polonais arrivés dans les années 1890. Après un bol d’iode, quelques loopings sur les montagnes russes de Luna Park et un hot dog chez Nathan’s, il ne reste qu’à reprendre le chemin de la forêt d’immeubles de Manhattan.

 

Informations pratiques

. Cours de yoga à Central Park à l’aube (« Sunrise Yoga », 35 €) avec Fit Tours NYC.
. Assiette locavore au River Park, concoctée par Tom Colicchio, juré de l’émission Top Chef USA, plat à partir de 18 € (possibilité de juste prendre un verre sur sa terrasse végétalisée).
. Tour en français d’East Village : 235 € pour 4 pers. avec New York Off Road.
. Visite de la Brooklyn Grange Farm : ouverte au public le samedi.
. Visite guidée sur l’aspect développement durable de la Brooklyn Navy Yard (17 €).
. Boire un verre dans les vignes : des tables et des hamacs sont installés, à la belle saison, entre les ceps plantés dans des bacs, horaires sur www.rooftopreds.com.
. L’île de Governors Island est desservie par ferry depuis la pointe sud de Manhattan, en dix minutes, de mai à octobre, gratuit le week-end avant midi. Pour y dormir sous la tente - réserver longtemps à l’avance car prisé par les New Yorkais -, www.collectiveretreats.com.
. Un hôtel écolo : 1 Hotel Brooklyn Bridge, avec vue sur le pont de Brooklyn d’un côté, la statue de la Liberté de l’autre. Chambre design en bois recyclé, sablier sous la douche pour limiter sa consommation d’eau, fontaine à eau filtré… Double à partir de 262 €.
. Un beau livre : Les Jardins de la High Line à New York, des paysagistes Piet Oudolf et Rick Darke, pour tout savoir sur les plantations de ce modèle de nature urbaine (Ulmer, 39,90 €).

Plus d’infos : sur le site de l’office de tourisme de New York.

 

L'auteur

Mathilde Giard

Journaliste, je me suis spécialisée dans le voyage après avoir vécu en Afrique du Sud et en Allemagne. J’aime sillonner la planète, à la rencontre de ses habitants, avec autant de plaisir à découvrir un coin perdu à la porte de chez moi qu’à explorer une mégalopole au bout du monde. Toujours curieuse…

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Les sites cités dans ce reportage

High Line High Line
High Line
New York
Whitney Museum of American Art Whitney Museum of American Art
Whitney Museum of American Art
New York
2h00
Central Park Central Park
Central Park
New York
2h00
East Village East Village
East Village
New York
1h00
Statue de la Liberté Statue de la Liberté
Statue de la Liberté
New York