Si l’Etat du Nevada est surnommé le « Silver State », il le doit à cette cité. Fondée en 1859 après la découverte de gisements d’or puis d’argent, la ville a été prospère au point de compter 25 000 habitants, quatre fois plus que Los Angeles à l’époque ! 160 ans après, le décor n’a pas changé. Saloons, maisons victoriennes et trottoirs en bois entretiennent la mémoire d’un Far West mythique, avec la complicité de locaux et de touristes ravis de l’aubaine.

« Il n’y a pas que Vegas au Nevada ! ».

Ce gimmick asséné par les institutions touristiques de l’Etat ne date pas d’hier. Il vise à attirer au-delà de la capitale mondiale du jeu les plus de 40 millions de visiteurs qui se précipitent chaque année sur le Strip, n’imaginant pas une seconde les autres authentiques ressources dont dispose le territoire.

Pourtant, avant de devenir le paradis des casinos, le Nevada a été celui du Far West. Il a connu les tribus d’Indiens, la Ruée vers l’or et le célèbre Pony Express, cet itinéraire à cheval conçu pour transporter dare-dare le courrier de l’Est vers l’Ouest américain, jusqu’à Sacramento, en Californie.

 

Réminiscences de la ruée vers l’Ouest

Autant dire une terre d’histoire yankee, de vestiges, de culture et de vibrations. Au nord, la région de Reno – principale agglomération de l’Etat – et du lac Tahoe mérite qu’on s’y attarde. Au sud de la ville, la lumineuse Carson Valley a conservé ses attributs pionniers, avec ses anciens settlements de cow-boys (Genoa) et son atmosphère de conquête de l’Ouest. Au pied de la Sierra Nevada, son passé émerge encore, entre les ranchs immenses et leurs troupeaux de vaches et les maisons victoriennes alignées de ses villages-rues.


Carson Valley - ©johnrandallalves/iStock

Mais c’est surtout à Virginia City que les réminiscences de la ruée vers l’Ouest sont visibles. Pendant une heure depuis Reno, la route grimpe à travers des versants jaunis par un soleil ardent, à plus de 1 400 m d’altitude. Jusqu’à atteindre un plateau élevé et ce bourg, comme sorti d’un décor de cinéma.

 

1856, de l’or !

Imaginez… Une rue principale tracée entre deux galeries couvrant de vieux trottoirs en planches, bordées de maisons mitoyennes en bois et briques abritant des commerces de bouche et de souvenirs. Des saloons aux enseignes vintage, des musées à la mémoire de la ruée vers l’Ouest… Un village historique qui rappelle une épopée inédite.


Virginia City - ©DANITA DELIMONT STOCK/Danita Delimont Agency/age fotostock

Ici, en 1856, de l’or est découvert à Comstock Lode, sur le flanc sud de Sun Moutain, un sommet voisin. C’est la première fois qu’on en trouve dans la région. La ruée peut commencer. Mais plus que l’or, peu abondant, l’argent va faire la fortune de Virginia City, grâce à la découverte de nouveaux gisements. Les travailleurs affluent, la ville se développe, les commerces ouvrent : la cité connait son heure de gloire dans les années 1860-1870. Au point qu’on y recense jusqu’à 25 000 habitants, soit plus que n’en abrite Los Angeles à la même époque !

 

Saloons et musique country

Il n’y a plus que 800 « virginiens » aujourd’hui mais la fréquentation touristique lui vaut une animation sans rapport avec sa population. Car les Américains ont ce talent : savoir transformer un passé « démodé » en attraction joyeuse et ludique. Ici, pas de faux semblant, on joue à fond – et avec conviction, même si tout est business – la carte de la ruée vers l’Or. Saloons affichant leurs concerts de country, locaux déambulant dans les rues façon sheriff ou notables à hauts de forme, commerces de vieilleries minières, anciennes galeries à visiter – comme celle creusée au fond du Ponderosa Saloon, où l’on apprend qu’à l’époque de gloire le mauvais whisky valait plus cher que l’eau…

L’ambiance est bon enfant et les Américains raffolent de cette ville. Les nostalgiques s’y rendent en famille, santiags aux pieds, pantalons à franges et Stetson sur la tête, façon aficionados de rodéo… L’office de tourisme a pris place dans l’ancien plus vieux saloon de Virginia City, le Crystal Bar. Une hôtesse vous accueille derrière le vénérable comptoir, posé devant une immense glace mettant en valeur les moulures du plafond.


Habitants de Virginia City - ©delray77/iStock

 

Bureau du sheriff, antique Post Office

Pas de quoi s’ennuyer sur South C Street, l’artère principale. Musées historiques, cafés, restaurants, sheriff’s office, antique Post Office, théâtre et, on l’a dit, quantité de boutiques et de saloons permettent de vivre une journée entière en mode revival. Virginia City entretient le culte d’une Amérique sans peur et conquérante.

 

Informations pratiques

Y aller
Depuis Paris CDG, vols quotidiens vers Reno en correspondance à San Francisco, avec United Airlines (à partir de 950 € aller-retour).
Puis location de voiture jusqu’à Virginia City, à env. 1h de route.

Où dormir
Edith Palmer’s Country Inn : proche de la rue principale de Virginia City, cette maison avec jardin datée de 1863 plonge dans l’ambiance de la cité minière au 19e s., avec sa décoration assez kitsch. La salle du petit-déjeuner est aménagée dans une ancienne cidrerie. A partir de 125 € la nuit.

Séjours
Plusieurs voyagistes programment le Nevada. Parmi eux, citons Kuoni et l’agence spécialiste Back Roads.

En savoir plus
Office de Tourisme du Nevada

 

L'auteur

Philippe Bourget

Journaliste free lance, auteur, je parcours le monde depuis 15 ans pour la presse tourisme grand public et économique. Géographe de formation, je me passionne pour la nature autant que pour les liens que tissent les peuples avec leurs territoires.

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