Qu'ils soient nés sur l'Ile aux Fleurs ou qu'elle les ait fortement influencés, ces hommes et ces femmes ont marqué l'Histoire de France par leur destin politique, scientifique ou artistique. Portraits de ces personnages liés à la Martinique.

Victor Schoelcher, porte-étendard de l'abolition

Victor Schoelcher naît à Paris en 1804. En 1830, il découvre l’esclavage lors d’une tournée en Amérique et aux Antilles pour vendre de la porcelaine fabriquée dans l’usine de son père. À son retour, il fonde, avec des libéraux illustres comme Tocqueville ou Lamartine, la Société française pour l’abolition de l’esclavage. En 1848, il devient sous-secrétaire d’État aux colonies sous l’autorité d’Arago. Son habileté et sa force de conviction contribuent en grande partie au vote du décret de 1848 abolissant l’esclavage dans les colonies françaises. Élu député de Guadeloupe et de Martinique, cet homme convaincu du rôle de l’éducation lègue sa bibliothèque aux Martiniquais. Il meurt à Houilles, dans les Yvelines, en 1893, et son corps repose depuis 1949 au Panthéon.

 

Hippolyte Morestin, chirurgien des gueules cassées

Élève brillant, ce Pointois, né en 1869, partit faire ses études à St-Pierre, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris. Après des études de médecine à La Sorbonne, il fut nommé professeur d’anatomie à 23 ans. En 1904, il obtint l’agrégation de chirurgie. Il se spécialisa dans la chirurgie plastique du visage, dont il est l’un des précurseurs, opérant notamment les soldats durant la Première Guerre mondiale. Il mourut en 1919.

 

Aimé Césaire, poète et politique

Issu d’une famille modeste, Aimé Césaire naît en 1913 à Basse-Pointe. Bon élève, il obtient une bourse qui lui permet d’entrer au lycée Schoelcher à Fort-de-France, puis de partir à Paris où il est reçu à l’École normale supérieure en 1935. Il participe alors à la rédaction de la revue L’Étudiant noir et écrit un long poème qui paraîtra en 1939, le fameux Cahier d’un retour au pays natal où il élabore le concept de négritude. De retour en Martinique en 1939, il enseigne au lycée Schoelcher. En 1941, il fonde la revue Tropiques dans laquelle il dénonce l’idéologie raciste. En 1945, il abandonne l’enseignement pour se consacrer à la politique. Après avoir été communiste, il fonde en 1958 le Parti progressiste martiniquais. Élu député à l’Assemblée nationale jusqu’en 1993, il reste maire de Fort-de-France jusqu’en 2001. Parallèlement à ses activités politiques, il n’a jamais cessé d’écrire poèmes, pamphlets politiques et pièces de théâtre. La Tragédie du roi Christophe (1964), sa pièce la plus connue, évoque le destin des colonies devenues indépendantes, mettant en scène un esclave qui devient roi de Haïti mais échoue dans sa politique… Décédé le 17 avril 2008 à Fort-de-France, il est l’un des rares écrivains français à avoir eu des obsèques nationales.

 

Joséphine, impératrice créole

Marie-Josèphe Rose Tascher de La Pagerie est née le 27 juillet 1763 aux Trois-Îlets. Après avoir passé son enfance entre la propriété familiale de La Pagerie et le pensionnat des Dames de la Providence à Fort-Royal, elle embarque pour la métropole, où elle épouse Alexandre de Beauharnais, fils du gouverneur général des îles du Vent. Elle aura deux enfants de ce mariage, Eugène et Hortense, mère de Napoléon III. En 1794, son mari, député de la noblesse mais aussi général girondin, est guillotiné. Amie de Barras et de Tallien, elle rencontre le général Bonaparte, qu’elle épouse le 8 mars 1796. En 1804, elle est couronnée impératrice. N’ayant pas donné d’héritier à Napoléon, elle est répudiée en 1809. Elle meurt à La Malmaison en 1814.

 

Lacroix, minéralogiste et vulcanologue

Après avoir publié, à l’âge de 16 ans, sa première note scientifique au sein de la Société de minéralogie, Alfred Lacroix (1863-1948) approfondit l’étude des roches, démontrant qu’elles constituaient de véritables systèmes chimiques. En 1904, il fait paraître La Montagne Pelée et ses éruptions, fruit de ses observations de terrain, et il accède au poste de secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences. En 1944, il jette les bases de l’Orstom, devenu l’IRD, Institut de recherche pour le développement, centré sur les questions environnementales dans les pays du Sud.

 

Gauguin, l'île de la révélation

Le peintre Paul Gauguin, accompagné de l’artiste Charles Laval, séjourna au Carbet de juin à novembre 1887. Déçu par un voyage à Panama, il pensait trouver aux Antilles « un beau pays avec la vie facile et bon marché ». De fait, il trouva au Carbet de quoi renouveler son style pictural et satisfaire son goût de l’exotisme : « L’expérience que j’ai faite en Martinique est décisive. Là seulement je me suis senti vraiment moi-même, et c’est dans ce que j’ai rapporté qu’il faut me chercher, pour savoir qui je suis, plus encore que dans mes oeuvres de Bretagne. » Les toiles peintes en Martinique sont disséminées à travers le monde dans plusieurs musées et collections privées : La Mare (Nouvelle Pinacothèque de Munich), Végétation tropicale (National Gallery of Scotland, à Edimbourg), Au bord de l’étang et Aux mangos (Van Gogh Museum, à Amsterdam).

 

Les sites cités dans ce reportage

Panthéon Panthéon
Panthéon
Paris
0h30
La Sorbonne La Sorbonne
La Sorbonne
Paris
0h30
Musée national du Château de Malmaison Musée national du Château de Malmaison
Musée national du Château de Malmaison
Rueil-Malmaison
2h00
Nouvelle Pinacothèque Nouvelle Pinacothèque
Nouvelle Pinacothèque
München
3h00
National Gallery of Scotland National Gallery of Scotland
National Gallery of Scotland
Edinburgh
2h00
Musée Van Gogh
Musée Van Gogh
Amsterdam
3h00