Cœur financier de Rio de Janeiro, le quartier du Centro est aussi riche de son patrimoine culturel. Le somptueux Theatro Municipal, la fabuleuse Bibliothèque nationale, les palais et les églises, qui se dressent autour de larges places, nous font remonter l’histoire de l’ancienne capitale du pays, du passé colonial à l’indépendance.

Il provoque une drôle d’impression dans une ville qu’un océan sépare de la France et de Paris : le Theatro Municipal, situé praça Marechal Floriano, a des airs de Palais Garnier ! S’il est moins imposant, il est tout aussi représentatif du courant éclectique qui traverse l’architecture occidentale à partir des années 1860. Edifié en 1909 et inauguré un 14 juillet pour mieux marquer sa filiation, le Theatro Municipal est devenu rapidement l’une des principales salles de concerts et de ballet d’Amérique du Sud, accueillant notamment le chef d’orchestre Arturo Toscanini ou l'actrice Sarah Bernhardt. Ce bijou paré d’or et de marbre de Carrare, et qui a été récemment rénové, se situe tout près de l’avenue Rio Branco, l’un des grands lieux de rassemblement de Rio de Janeiro. Les étudiants y ont manifesté contre la dictature dans les années 1960.


Le monastère de Saint-Benoît: de l'or et du bois sculpté derrière une façade austère 

Alors que tous les yeux de la planète seront rivés sur celle qu’on surnomme « La Cité Merveilleuse » à l’occasion des Jeux Olympiques 2016, le Centro mérite qu’on se perde dans ses rues. La Bibliothèque nationale, construite en 1906, trois ans avant le théâtre, dans le même style éclectique, recèle plus de 9 millions de documents. C’est la plus grande d’Amérique latine ! En transférant la capitale de l’empire portugais de Lisbonne à Rio, en 1808, pour fuir Napoléon, le roi Jean VI apporta dans ses malles des cartes, des manuscrits et des livres, qui constituent aujourd’hui une partie des collections de l’institution. Parmi les raretés à découvrir lors des visites guidées gratuites : deux bibles de Gutenberg, de 1462. Le monastère de Saint-Benoît cache, quant à lui, sur sa colline, un trésor baroque derrière son austère façade blanche et grise. Fondé par les bénédictins au 17e siècle, il regorge d’or et de sculptures sur bois. Durant les messes, les moines entonnent des chants grégoriens en s’accompagnant à l’orgue, devant une assistance subjuguée.


Les joyaux de la place Quinze de Novembro 

Le Paço Imperial, superbe édifice de style colonial, est l’un des joyaux de la vaste place Quinze de Novembro, à côté du port, fondé par les colons portugais. Demeure du gouverneur de la capitainerie à sa construction, en 1743, il devint la résidence de Jean VI et sa famille lors de leurs années brésiliennes, terminées en 1821. C’est là que furent couronnés les deux empereurs du Brésil, Pedro Ier et Pedro II, en 1822 et en 1841, et que fut proclamée la République, le 15 novembre 1889, par le maréchal Deodoro da Fonseca, premier président du Brésil. Un an plus tôt, la princesse Isabel avait signé la Loi d’or, qui abolissait l’esclavage. L’ancien palais est désormais le cadre d’expositions multimédias.
 
Sur la même place, on peut aussi admirer le Palais de Tiradentes, siège de l’assemblée législative de l’État de Rio de Janeiro, dont la coupole montre les sculptures allégoriques représentant l’indépendance de la République. Une église baroque y ajoute sa façade rococo : Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Sortie de terre en 1761, elle fit office de cathédrale jusqu’en 1976. L’empereur Pedro II fut baptisé et se maria en ce lieu. Elle jouxte le couvent des Carmélites et l’église du Tiers-Ordre des Carmels, autres témoignages du riche patrimoine de la ville. Tout près, sur la place animée du largo Da Carioca, deux des plus vieilles églises coloniales de Rio sont également voisines : l’église du Tiers-Ordre de Saint-François de la Pénitence et le couvent Saint-Antoine, merveilles qui servirent de modèles à de nombreux édifices religieux à travers le pays. La sacristie recouverte d’azulejos contient un superbe autel sculpté, en bois de jacaranda.
 
On se perd ensuite dans les ruelles piétonnes, étroites et pavées, les plus anciennes de Rio, comme Ouvidor, qui fut tracée au 16e, ou do Mercado, jalonnées de vieilles librairies, de salons de thé et de maisons coloniales aux façades colorées, vestiges d’un 19e élégant et florissant. Chapitre supplémentaire d’une balade permettant de tourner les pages de l’histoire de Rio.

Les sites cités dans ce reportage

Théâtre municipal de Rio de Janeiro Théâtre municipal de Rio de Janeiro
Théâtre municipal de Rio de Janeiro
Rio-de-Janeiro
1h00
Palais Impérial de Rio de Janeiro Palais Impérial de Rio de Janeiro
Palais Impérial de Rio de Janeiro
Rio-de-Janeiro
1h00
Centre-ville de Rio de Janeiro Centre-ville de Rio de Janeiro
Centre-ville de Rio de Janeiro
Rio de Janeiro
2h00