Les fourrés épineux de Madagascar appartiennent aux écorégions terrestres définies par le Fonds mondial pour la Nature (WWF). Au sud-ouest de Madagascar, nous avons découvert ces espaces quasi originels, où le taux d’endémisme est impressionnant (90%), que ce soit du point de vue faune ou flore.

Reniala, "La mère de la forêt". C'est ainsi que les Malgaches appellent l'arbre séculaire symbole de leur île : le baobab. Avec son tronc arrondi et ses branches qui ressemblent à des racines plantées sur son sommet, le baobab est aisément reconnaissable. Considéré comme sacré, à cause de son grand âge et de son imposante et indestructible silhouette, il tire son nom scientifique Adansoni sp. d'un botaniste français, Michel Adanson, tandis que son étymologie est issue de l'arabe bu hibab, fruit aux nombreuses graines (une centaine par cabosse).
Dans le grand Sud-ouest de l'île, à 27 kilomètres au nord de la ville côtière de Tuléar, à la sortie du village de Mangily, la réserve Reniala qui s'étend sur 60 hectares, compte de nombreux spécimens de ces arbres remarquables. Au hasard des allées, ils dévoilent leurs formes étranges et chacun y déniche une symbolique : baobab amoureux, car entrelacé avec un autre, théière, corsage, rhinocéros...

 

Tout Sud

Baobab typique de cette zone, le Fony (Adansonia rubrostipa) est un baobab plus petit que ceux du nord-ouest Adansonia grandidieri, dont les troncs immenses ont fait la renommée de Morondava et de sa célèbre Allée des baobabs.

Le Fony survit en zone aride, dans des maquis sublittoraux. Avec une longueur de tronc enterrée parfaitement identique à celle de sa partie immergée, il est impossible à déraciner, même par un cyclone.
Friable et spongieux, son tronc n'attire ni les termites ni les spécialistes du commerce du bois. C'est sans doute pour cela que des spécimens âgés de 800 ans sont encore visibles de nos jours :

« Au sud, avec le climat aride, le baobab grandit très lentement, un centimètre par an. Son tronc commence par s'allonger, puis s'élargit comme une bouteille. Quand il a atteint sa hauteur maximale, les branches poussent perpendiculairement au tronc. Les fruits n'apparaissent qu'au bout de 100 ans. La pulpe est utilisée en confiture, en jus ou dans du rhum arrangé »,

explique Dabe, notre guide naturaliste.


Baobabs Fony (Adansonia rubrostipa) dans la réserve de Reniala - ©HomoCosmicos/iStock

 

Arbres utiles

Parmi la centaine d'espèces végétales du parc, nous découvrons également plusieurs arbres qui servent à la fabrication des pirogues à balancier : le Romby (Commiphora mahafalensis), imputrescible et facile à sculpter, le Farafasty (Givodia madagascariensis) qui a la légèreté du balsa, le Boy (Commiphora lamii) dont le bois léger et solide est idéal pour construire les balanciers. Des « sono », grandes concentrations d‘arbustes aux longues épines (Didierea madagascariensis) sont courbées par le vent du sud :

« On les appelle les arbres à compas. Ils indiquent toujours le nord »,

poursuit Dabe.

Endémique de l’île, l’euphorbe arborescente (Euphorbia stenoclada) est une plante entièrement dépourvue de feuilles :

« A cause du climat, ce sont les rameaux, charnus et légèrement aplatis, qui assurent la photosynthèse à la place des feuilles. Le lait qu’elle secrète est toxique pour les yeux et la peau ».


Forêt d'épineux - ©milehightraveler/iStock

 

Attendrissants primates

Tellement mignons avec leurs petites bouilles fines, leurs regards empreints de curiosité, les lémuriens bondissent dans les arbres à la vitesse de l’éclair, leurs petits agrippés dans la fourrure de leurs dos. Attendrissants, bébés, ils ressemblent vraiment à de petites peluches, comme le Lemur catta, animal frugivore de toute beauté à la longue queue annelée blanche et noire. Mais ceux qui ont été élevés par les humains posent de graves problèmes lorsqu’ils grandissent, notamment parce qu’ils ne s'attachent qu’à une seule personne. Avec l’âge, ce lémurien peut devenir violent et agresser tout individu s’approchant de la personne envers laquelle il est proche, conduisant la famille qui le possède à l’enfermer. Ce sont ces animaux qui atterrissent, traumatisés, dans le Lemur Rescue Center du Parc Reniala. En partenariat avec des zoos français, sous l’égide de la fondation Brigitte Bardot, cet espace accueille des lémuriens qui doivent suivre un programme de réadaptation à la vie sauvage avant d’être relâchés.

« Nous étudions leurs comportements. Nous mettons ensemble les animaux capables de vivre en groupe. Petit à petit, ils réapprennent à se nourrir et nous les relâchons »,

souligne Rina Evasoa, Docteur en primatologie.
Animal en danger d’extinction (disparition de son habitat, braconnage pour la viande), le lémurien est considéré comme un jardinier qui ensemence la forêt lors de ses déplacements. Sur le site du centre de réhabilitation, il est donc proposé de faire un don pour sauver ces animaux.


Lémuriens à queue annelée - ©Enjoylife2/iStock

 

Informations pratiques

Air Madagascar opère des vols quotidiens depuis Paris vers la capitale Antananarivo (dite Tana) et hebdomadaires depuis Marseille.

Office national du tourisme de Madagascar

 

L'auteur

Martine Carret

Grand reporter depuis plus de 20 ans, je suis une infatigable globe-trotteuse. J'aime découvrir la Terre sous tous ses angles : paysages et peuples du monde, océans et faune aquatique. Partager mes découvertes de ces univers est le moteur d'un enthousiasme jamais démenti.

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Les sites cités dans ce reportage

Allée des Baobabs Allée des Baobabs
Allée des Baobabs
Morondava
4h00