Cette région montagneuse du KwaZulu-Natal forme une frontière naturelle quasi infranchissable avec le royaume du Lesotho. Une muraille de grès et de basalte inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses paysages grandioses et ses étonnants sites rupestres.

La route qui mène de l’Océan Indien au Drakensberg est un petit condensé d’Afrique du Sud. On quitte d’abord la moiteur de Durban pour gagner les Midlands, région de moyenne altitude parsemée de prairies herbeuses et de farmhouses isolées, dévolue à l’agriculture extensive – un territoire de Blancs. Puis vient le pays zoulou, reconnaissable aux premières rondavels – huttes rondes traditionnelles. Elles sont parsemées au pied de plateaux tabulaires, dominés au loin par une longue crête montagneuse. Voici donc le Drakensberg, ensemble de falaises vertigineuses alignées sur près de 200 km, dont les sommets dépassent allégrement les 3 000 m – le point culminant d’Afrique australe, le Thabana Ntlenyana, y est, à 3 482 m.

 

Giant’s Castle Valley

Alors que l’itinéraire s’approche du rempart géant, le peuple zoulou, principale ethnie d’Afrique du Sud (dont est issu le Président Jacob Zuma) livre au voyageur les images de son quotidien : les élèves en uniforme marchant le long des routes ; des hommes à cheval à travers champs ; des vendeuses au marché aux jupes longues ou tabliers colorés, le visage enduit d’argile… Passé le village de Mahlutshini, le périple se poursuit sur un large chemin, pénétrant au cœur d’un des sites majeurs du Drakensberg, Giant’s Castle Valley.

 

Parois vertigineuses

Le tableau est idyllique : les paysages roux de l’automne austral se marient à l’ocre gréseux ; une rivière fait entendre son débit ruisselant, seule dans un océan de silence ; en fond de scène, inquiétante, la paroi vertigineuse se dresse, des centaines de mètres verticaux dont le rebord marque la frontière avec le royaume voisin du Lesotho, enclavé au cœur de l’Afrique du Sud. C’est bien simple : sur toute la longueur du massif, un seul col, le Sani Pass (2 876 m), permet de relier les deux pays.

 

Bushmen et San

C’est dans ce décor virginal et monumental, contenu comme l’ensemble de la chaine centrale dans le parc national d’uKhahlamba (245 000 hectares), que l’on découvre des peintures rupestres. Depuis le Giants Castle Lodge, un bonheur d’hébergement pour les fans de nature et de randonnée, une courte marche rejoint des abris sous roche où l’on observe représentations animales et scènes de vie. Parmi les plus célèbres d’Afrique du Sud, ces peintures ont été réalisées par les Bushmen ou les San à des époques diverses, depuis – 3 000 ans avant J.-C. jusqu’à une période contemporaine.


©McPhoto/Vario Creative/Photononstop

 

Elands du Cap, babouins

La richesse naturelle et culturelle du parc lui vaut d’être inscrit depuis 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Les amateurs de faune auront aussi le bonheur d’y apercevoir élands du Cap, babouins et gracieux damans.
Hormis Giant’s Castle, d’autres vallées sont aménagées pour l’accueil des touristes et des trekkeurs : au nord, Mont-aux-Sources, Cathedral Peak, Champagne Castle ; au sud, Cobham Nature Reserve. Autant de sites pour apprécier la beauté du Drakensberg et, partant, la diversité du KwaZulu-Natal.


©Marie-Pierre Pelletier/Michelin

 

Informations pratiques

Site official du tourisme sud-africain : country.southafrica.net

 

L'auteur

Philippe Bourget

Journaliste free lance, auteur, je parcours le monde depuis 15 ans pour la presse tourisme grand public et économique. Géographe de formation, je me passionne pour la nature autant que pour les liens que tissent les peuples avec leurs territoires.

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Les sites cités dans ce reportage

Drakensberg du Natal Drakensberg du Natal
Drakensberg du Natal
Bergville
2h00
Giant's Castle Giant's Castle
Giant's Castle
Bergville
5h00